Un autre regard sur la mondialisation et l'industrie

Président :
Bernard Carayon
(Ancien député UMP du Tarn)

Vice-Président :
Jean-Michel Boucheron
(Ancien député PS d'Ille et Vilaine)

Publications - Lettre Prometheus - Octobre 2016

ya-en-marre-sorosEn mai 2015, le journal « Œil d’Afrique » établit un lien entre deux ONG connues, Oxfam International et l’Open Society de George Soros. (1) Le mouvement « Y’en a marre », mouvement « pacifiste », citoyen et apolitique fondé en 2011 avec des émules dans nombre d’autres pays, recevait un financement de la part des deux ONG. George Soros avait même été reçu par les activistes du mouvement.
Fondée en 1995, Oxfam est issue d’un groupe d’organisations non-gouvernementales et tire son nom de l’organisation « Oxford Committee for Relief Famine », fondée en 1942. Imposante, Oxfam est présente dans de multiples pays et répartie en dix-huit branches.
Partageant des objectifs similaires, les deux ONG entendent notamment lutter contre tous les abus tels les conflits d’intérêts, exigeant de la transparence dans les financements. Toutefois, elles semblent s’exonérer elles-mêmes de cet impératif. Comment avoir confiance dans ces ONG qui prétendent œuvrer sur le terrain de l’éthique et de la morale publique, si la preuve de leur indépendance – politique comme financière – prête au doute ?
Une étude des dirigeants de ces ONG souligne le défaut de transparence et souvent sa qualité de « juge et partie ». Ces ONG, apparemment indépendantes, ne sont-elles en réalité que les bras d’un même donneur d’ordre, George Soros ? Et si tel est le cas, quel but poursuit ce dernier ?

I) Les membres de l’Open Society & Oxfam : la création de liens par le travail
De nombreux éléments relient Oxfam et l’Open Society Foundations (OSF) ; des responsables ont travaillé pour Oxfam et sont actuellement à l’OSF de George Soros. C’est notamment le cas de Cathy Ross (2) (directrice générale à l’OSF) qui était active à Oxfam America, ou encore Caroline Kariuki, ancienne responsable des finances d’Oxfam Grande-Bretagne au Kenya. (3)
Sous la coupe de la protection des droits de l’Homme, les employés se rencontrent fréquemment dans des ONG « Human Right ». Ainsi, Phil Bloomer est maintenant directeur exécutif au Business Human Right ; pendant deux ans, depuis 2014, il reçoit un soutien financier de l’OSF. (4) Jon Jacoby, un ancien conseiller spécial à Oxfam, est désormais un agent de programme au sein de l’OSF dans la partie « Human Right Initiative » (5). Belen Marin, aujourd’hui responsable administrative à l’OSF, a travaillé dans de multiples autres ONG, dont Oxfam. (6)
Naila Kabeer est présente dans de très grandes ONG (ActionAid, BRAC, NORAD, SIDA, UN Women, UNDP, UNICEF, Women for Women International, et la Banque Mondiale) (7), elle est aussi membre du comité consultatif de l’OSF. Elle y est « bien » entourée, notant ainsi la présence de Akwasi Aidoo (8) (ancien membre d’OXFAM), et Gerry Salole, ancien de Save the Children Federation et d’OXFAM (9). Les liens sont également étroits entre Oxfam et « OSIWA » (Open Society Initiative for West Africa). Siphokazi Mthathi (10) par exemple, présente à OSIWA, a été nommée en 2014 directrice d’Oxfam en Afrique du Sud (11).
Les personnes ayant fait le parcours OXFAM – OSIWA sont aussi nombreuses. C’est le cas de Neville Gabriel, président aujourd’hui d’OSIWA (12) ou encore Cynthia Ngwalo-Lungu, qui travaille dans le domaine de la santé, auparavant à Oxfam et aujourd’hui à OSIWA (13). Tawanda Mutasah (14), ancienne employée d’Oxfam, est aujourd’hui au service d’OSIWA, tout comme Ibrahima Aidara, qui fut longtemps présent à Oxfam America (15).
En outre, des bourses scolaires ont été attribuées par l’OSF à des étudiants qui sont aujourd’hui au service d’OXFAM : on trouve dans ce cas-là Sabina Silajdzic (16), Nino Edilashvili (17) ainsi que Ali Aljundi (18).

II) Les aides financières

A. Les rapports annuels
Les rapports annuels apportent leur lot d’informations en ce qui concerne les montants financiers reçus par Oxfam. Dans ceux de ses diverses filiales, d’imposantes ONG ressortent fréquemment et notamment l’Open Society.
Oxfam America entretient des liens étroits avec l’OSF et la cite même par deux fois dans son dernier rapport annuel : une première fois comme « Lifetime donor » (entre 500.000 et 999.999 dollars) et une deuxième fois en 2015, avec une mention particulière car l’OSF aurait donné, juste pour la branche américaine d’Oxfam, une somme comprise entre 100.000 à 499.999 dollars (19). Le chapitre britannique reçoit également des financements de l’Open Society (20).
OXFAM reçoit par ailleurs des financements d’institutions publiques telles que l’Union Européenne (21), et des soutiens politiques, notamment ceux de la députée britannique récemment assassinée : Jo Cox (22), pro-européenne et soutien d’Oxfam, ou Theresa Cavero (23). Le programme ECHO (24) de l’Union Européenne met en avant une nouvelle fois l’influence que peuvent avoir l’Union Européenne et Oxfam l’une sur l’autre.

B. Les partenariats
Oxfam et l’OSF travaillent régulièrement ensemble. Il y a quelques mois le journal « Œil d’Afrique » a révélé que l’OSF avait financé l’ONG « Y’en a marre » (25). OSIWA, Oxfam GB, America et Novib ainsi que l’Union Européenne finançaient ensemble « Y’en a marre » et c’est l’ONG ENDA qui était chargée de s’occuper des fonds de financement du mouvement. Qui plus est, lorsque les militants africains de l’ONG « Y’en a marre » se sont vus décerner une récompense d’Amnesty International  (26) (une autre ONG financée par l’OSF (27)), cette récompense était partagée avec Oxfam, représentée par son ambassadrice Angélique Kidjo.
« Y’en a marre » n’est pas la seule, on trouve aussi LHRC (Legal and Human Right Centre, financée par OSIWA, l’OSF, Oxfam GB) (28), l’organisation internationale « The Engire Room » (Oxfam Novib, l’OSF, Transparency International) (29), et le Global Fund for Women (30) (Oxfam GB, Novib, Québec et l’OSF), mais aussi le « Centre for the Study of Violence and Reconciliation » (Oxfam Novib, GB, American et OSF (31)), l’EMG (Environmental Monitoring Group, avec les aides de l’Union Européenne, Oxfam et l’Open Society Foundations – South Africa) (32), Finance Watch (financé par l’OSF alors que Oxfam Novib en est membre) (33), l’ONG HIIL (Oxfam Novib et Open Society Justice Initiative OSJI) (34).
Oxfam et l’OSF sont liées grâce à de nombreuses ONG présentes sur le territoire du continent africain. A ce sujet, on retrouve l’ONG Akina mamawa afrika (35)(financée par OSI, OSIEA (Open Society Initiative East Africa), OSISA (Open Society Initiative Southern Africa), Oxfam GB et Novib) ou encore en Afghanistan, l’ONG FCCS (Foundation for Culture and Civil Society, financée par Oxfam Novib et OSI). L’EG Justice (36) (en Guinée) est financée par l’Open Society et la NED et on notera que l’un de ses membres est Benett Freeman (37), qui a siégé à Oxfam. L’EG Justice mêle de nombreuses ONG, Oxfam, OSF, Transparency International ainsi que Human Rights Watch. Il en va de même pour la RRSSJ (38) (Réseau pour la Réforme du secteur de la Sécurité et de la Justice) qui a comme partenaire à la fois OSISA, la NED (National Endowment for Democracy, que finance entre autres Soros) ainsi qu’OXFAM.

III) Les projets

a. African Union : En partenariat avec l’OSF (39) (African Union Advocacy Program), Oxfam et OSIWA travaillent notamment ensemble en collaboration avec des ONG présentes sur le terrain. L’African Union a pour but la réalisation d’une unité africaine ainsi que d’une intégration politique et économique afin de promouvoir le développement social, politique, économique et culturel de l’Afrique.

b. OSIWA : La stratégie 2014-2017 (40) d’OSIWA montre les collaborations entre OSIWA, Transparency International et Oxfam, dans de multiples projets tels que SEND (41) qui établit une collaboration entre WACSI (West Africa Civil Society Institute), une branche d’OSIWA et OXFAM Grande-Bretagne.

c. Les initiatives de transparence : Qu’il s’agisse du Revenue Watch Institute (42) créé par l’initiative d’Oxfam, de l’OSF, de Tony Blair (43) ainsi que d’autres ONG ou de la fameuse collaboration « Publish what you pay », OXFAM et l’OSF revendiquent souvent une transparence de leur ONG, voire même, veulent se faire passer pour des modèles en ce domaine.

d. Le Forum régional de Gao : Ce forum régional a été organisé par l’ONG OXFAM Grande-Bretagne et son partenaire financier de la fondation américaine OSIWA. L’objectif de ce forum répondait à des initiatives communautaires de paix et de développement dans la zone des communes du cercle de Gao, N’tillit, Gabéro et Tilemsi (44).

e. Les Amis de la Terre – France : En France aussi, OXFAM est présente. Un rapport sur le charbon (45) a été effectué en partenariat avec les amis de la terre France (46) ainsi qu’Oxfam France en vue de la COP21.

IV) INGO Accountability Charter
Etablie en 2006, l’INGO est la première charte mondiale de responsabilité pour le secteur à but non lucratif. (47) On trouve parmi ses membres fondateurs (donc avec les frais d’adhésion) Amnesty International, Greenpeace, Civicus, Oxfam, et Transparency International. Pourtant, c’est l’INGO qui fournit les données de transparence les concernant. Simple « hasard » ou stratagème réfléchi, il n’en demeure pas moins qu’OXFAM est très fière de ses résultats qu’elle revendique même dans ses articles (48).
De nombreuses personnes présentes dans le comité de l’INGO sont ou ont été associées à la fois à Oxfam et à l’OSF. Brendan Gormley est présenté comme un directeur indépendant alors qu’il a été pendant neuf ans le directeur de la branche d’Oxfam en Afrique (49). Autre haut responsable, Caroline Harper qui est connue pour être la CEO de Sightsaver, une ONG financée par l’Open Society (50).
Bettie Van Straaten est membre de CIVICUS, partenaire de l’OSF ainsi que d’Oxfam GB et Novib (51). Ce n’est pas la seule membre de CIVICUS présente à l’INGO. On trouve en effet Clare Doube, aussi membre de la CHRI (Commonwealth Human Rights Initiative) financée à plusieurs reprises par l’OSF (52).
Quand on parle de transparence des ONG, impossible d’omettre Transparency International, lourdement – et de longue date – financée par l’OSF (53). L’INGO compte donc en son sein des représentants de Transparency International dont Rosa Ines Ospina (54) ou encore Miklos Marschall (55). De même, le panel des « indépendants » comporte des personnes travaillant par exemple pour Transarency International Cambodgia, comme Saroeun Soeung (56), mais aussi pour Oxfam à l’instar de John Clark (57). Enfin, l’Open Society étant financièrement présente dans de multiples ONG, il n’est pas surprenant de trouver dans l’INGO des personnes qui lui soient liées…
Ainsi, les grands du monde des ONG s’auto-congratulent en s’attribuant les médailles de la transparence grâce à un comité qu’ils financent. L’éthique à l’état pur…

V) Oxfam & les scandales
En dernier lieu, notons qu’Oxfam a déjà subi des critiques, dont la plus grave est l’accusation portée par Hélène Passtoors envers le directeur Guido Van Hecken, d’Oxfam Solidarité (la branche belge d’Oxfam) selon laquelle cet homme serait lié à des actes terroristes à Prétoria (58).
Oxfam n’échappe pas à la règle. Cette ONG « indépendante » se trouve au cœur d’un réseau de grandes ONG, et entretient des liens plus qu’étroits avec l’Open Society du sulfureux George Soros. Proclamées (et considérées) représentantes de la société civile, des ONG bénéficiant d’un traitement médiatique bienveillant, comme Transparency International, Les Amis de la Terre, Global Witness, Oxfam ou l’Open Society, représentent des intérêts parfois opaques et entretiennent des liens qui amènent à douter de leur éthique et de la sincérité de leurs combats comme « la défense des droits de l’homme ».

(1) http://oeildafrique.com/georges-soros-yen-a-marre-et-limperialisme-malin-etats-unien/

(2) https://www.opensocietyfoundations.org/people/cathy-ross

(3) https://www.opensocietyfoundations.org/people/caroline-kariuki

(4) https://www.opensocietyfoundations.org/about/programs/new-executives-fund/grantees/phil-bloomer

(5) https://www.opensocietyfoundations.org/people/jon-jacoby

(6) https://www.opensocietyfoundations.org/people/belen-marin

(7) https://www.opensocietyfoundations.org/people/naila-kabeer

(8) https://www.opensocietyfoundations.org/people/akwasi-aidoo

(9) https://www.opensocietyfoundations.org/people/gerry-salole

(10) http://www.osisa.org/board/siphokazi-mthathi

(11) https://www.oxfam.org/en/pressroom/pressreleases/2014-06-13/oxfam-announces-sipho-mthathi-head-new-oxfam-south-africa

(12) https://www.opensocietyfoundations.org/people/neville-gabriel

(13) http://www.osisa.org/fr/node/5678

(14) https://www.opensocietyfoundations.org/voices/africas-responsibility

(15) http://www.osiwa.org/osiwa_member/ibrahima-aidara

(16) http://www.efsa.unsa.ba/ef/docs/CV/ENG_2011/Sabina_Silajdzic_eng_jan_2012.pdf

(17) http://policy-practice.oxfam.org.uk/our-people/advocacy/nino-edilashvili

(18) https://www.linkedin.com/in/ali-aljundi-61108359

(19) https://www.oxfamamerica.org/static/media/files/Oxfam_America-Annual_Report_2015.pdf

(20) http://www.oxfam.org.uk/what-we-do/about-us/plans-reports-and-policies/annual-report-and-accounts

(21) http://www.oxfamsol.be/fr/propos-doxfam/transparence-et-finance

(22) http://www.oxfam.org.uk/jo-cox

(23) https://www.linkedin.com/in/teresa-cavero-1470b46

(24) http://ec.europa.eu/echo/files/funding/agreements/agreements_2015.pdf

(25) http://oeildafrique.com/georges-soros-yen-a-marre-et-limperialisme-malin-etats-unien/

(26) http://www.amnesty.fr/Presse/Communiques-de-presse/La-musicienne-Angelique-Kidjo-et-des-jeunes-militants-africains-distingues-par-Amnesty-International-18277

(27) https://www.amnesty.org/fr/latest/research/2016/02/annual-report-201516/

(28) http://www.academia.edu/7133621/LHRC_-_Annual_report_2013-_for_web

(29) https://www.theengineroom.org/who-funds-us/

(30) https://www.globalfundforwomen.org/fundraising-resources/

(31) http://youcitizen.org/component/sobipro/149-the-centre-for-the-study-of-violence-and-reconciliation?Itemid=0

(32) http://www.emg.org.za/about/legal-and-finances

(33) http://www.finance-watch.org/our-work/dossiers?fid=98

(34) http://www.hiil.org/about-us/project-partners

(35) http://www.akinamamawaafrika.org/index.php/partners/funding-partners

(36) http://www.egjustice.org/post/2015-eg-justice-annual-report

(37) https://www.linkedin.com/in/bennettfreeman

(38) http://www.rrssjrdc.org/?p=31

(39) https://www.oxfam.org/sites/www.oxfam.org/files/file_attachments/au-guide-eng.pdf

(40) http://www.osiwa.org/wp-content/uploads/2015/03/OSIWA-2014-2017-strategy-in-french.pdf

(41) https://www.wacsi.org/attachment/369/Report%20of%20WACSI%20Development%20Partners%20Meeting%20(ENG).pdf?g_download=1

(42) https://eiti.org/fr/supporters/civil-society/revenue-watch-institute

(43) http://sorosfiles.com/soros/2011/10/the-revenue-watch-institute.html

(44) http://bamada.net/gao-un-forum-regional-pour-capitaliser-les-rencontres-intercommunautaires

(45) http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/rapport_complet_banques-charbon_en.pdf

(46) http://www.fondation-prometheus.org/wsite/publications/a-la-une/dossier-les-amis-de-la-terre-des-mercenaires/

(47) http://www.ingoaccountabilitycharter.org/

(48) https://www.oxfam.org/fr/charte-de-responsabilite-des-ong-internationales

(49) https://www.linkedin.com/in/sir-brendan-gormley-9041571a

(50) http://www.sightsavers.org/sightsavers-ceo-honoured/

(51) https://www.linkedin.com/in/bettie-van-straaten-2a521123

(52) http://www.ingoaccountabilitycharter.org/governance-and-management/board-directors/

(53) https://www.transparency.org/whoweare/accountability/who_supports_us/2/

(54) http://www.ingoaccountabilitycharter.org/governance-and-management/board-directors/

(55) http://www.transparency.org/whoweare/organisation/management

(56) http://www.beyond2015.org/asia-regional-coordinator-ccc-saroeun-soeung

(57) http://thepolicypractice.com/people/john-clark/

(58) https://rechtsactueel.com/2014/02/19/passtoors-bekent-oxfam-heeft-ex-terrorist-als-voorzitter/