Un autre regard sur la mondialisation et l'industrie

Président :
Bernard Carayon
(Ancien député UMP du Tarn)

Vice-Président :
Jean-Michel Boucheron
(Ancien député PS d'Ille et Vilaine)

Publications - Lettre Prometheus - Avril 2016

CARAYON2005

… président de Transparency International France

Le 4 avril, TI France se félicitait de la divulgation des Panama Papers. Il est vrai que la transparence est le cheval de bataille de cette ONG, l’une des plus grandes au monde selon le Global Go to Think Tank Index.[1] Nous profiterons donc de l’intégrité de Transparency pour l’inviter à appliquer ses principes et critiques à l’un de ses plus anciens financeurs sur le plan international, l’Open Society de M. George Soros.

En effet, le rapport financier de TI rapporte qu’en 1999, l’Open Society finançait déjà l’organisation. Elle en était même le plus gros donateur, fournissant le double de l’USAID, qui arrivait pourtant en deuxième position.[2] L’ONG de Soros continue de financer TI depuis, comme le révèlent les bilans financiers successifs de cette dernière.[3] On pourra s’étonner du silence de Daniel Lebègue sur ce sujet. Spécialiste de la transparence, il ne peut ignorer que George Soros aurait domicilié son Quantum Fund aux îles Caïman et aux Antilles néerlandaises, ce qui lui permit pendant longtemps de se soustraire aux autorités financières américaines, la Security and Exchange Commission (SEC) et la Commodity Future Exchange Commission (CFTC). Le Soros Fund Management, hedge fund de 1969 à 2011, devint à cette date un family office, afin de ne pas avoir à se soumettre aux obligations de transparence imposées par la loi Dodd Franck Wall Street Reform and Consumer Protection de 2010, une loi américaine qui impose une plus grande surveillance des marchés financiers.

En termes d’éthique, Daniel Lebègue ne peut ignorer non plus l’histoire personnelle de M. Soros. Il est en effet l’homme qui fit « sauter » la banque d’Angleterre en septembre 1992 et la fit sortir du Système monétaire européen. Spéculant intensément sur la livre sterling, George Soros empocha au passage 1,1 milliards de dollars. Les Anglais baptisèrent cette journée « Mercredi noir », et Soros la renomma cyniquement « Mercredi blanc ». Le financier ne s’arrêta pas là, puisqu’il spécula également contre le franc en 1993, le baht thaïlandais et le ringgit malaisien en 1997 avec les conséquences que l’on sait, et fut accusé par la Chine de spéculer contre le yuan en janvier 2016. M. Lebègue pourrait-il expliquer ce qui motive son silence assourdissant ? L’Open Society est pourtant l’un des partenaires du rapport de TI sur la transparence de 2013. Quatorze des seize propositions du député français Yann Galut émanent de ce rapport. Doit-on en conclure que TI travaille en connaissance de cause avec une organisation aussi particulière que l’Open Society, et que M. Lebègue cautionne cela ?

Enfin, on notera que les Panama Papers épinglent la Société Générale pour ses 979 sociétés qu’elle aurait créées offshore[4], ce que dément pourtant Frédéric Oudéa.[5] Jusqu’en 2013, la Société Générale finançait Transparency International France pour moins de 5000 euros annuels[6], et passa au niveau supérieur en 2014, en intégrant la tranche des « 5000 à 15000 euros ».[7] Soucieux de cohérence entre les discours et les actes, M. Lebègue annoncera-t-il que TI France cesse toute collaboration avec cette banque et n’en percevra plus un seul euro ?

On attend avec impatience sa réponse sur tous ces différents points.

Bernard Carayon

Président de la Fondation Prometheus

Notes :

[1] http://repository.upenn.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1009&context=think_tanks

[2] http://www.transparency.org/files/content/ouraccountability/TIS_1999AuditedFinancials.pdf

[3]http://www.transparency.org/whoweare/accountability/audited_financial_reports_with_independent_auditors_report/2/

[4] http://www.lemonde.fr/panama-papers/article/2016/04/05/panama-papers-les-979-societes-offshore-creees-par-la-societe-generale-via-mossack-fonseca_4895993_4890278.html

[5] http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2016/04/06/97002-20160406FILWWW00184-panama-papers-le-patron-de-la-societe-generale-denonce-des-amalgames-scandaleux.php

[6] http://www.transparency-france.org/e_upload/pdf/informations_financieres_2013_simplifiees.pdf

[7] http://www.transparency-france.org/e_upload/pdf/informations_financieres_simplifiees.pdf