Un autre regard sur la mondialisation et l'industrie

Président :
Bernard Carayon
(Ancien député UMP du Tarn)

Vice-Président :
Jean-Michel Boucheron
(Ancien député PS d'Ille et Vilaine)

Publications - Lettre Prometheus - Février 2011

« Guerre économique » et « guerre des monnaies », principe de réciprocité, CFIUS[1] à l’européenne, secteurs stratégiques, patriotisme économique, secret des affaires, autant d’expressions passées aujourd’hui dans le langage commun, pour traduire l’état de la mondialisation et la nature des échanges économiques internationaux.

Le ministre de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique, Eric Besson parle en effet de « guerre économique » s’agissant de l’affaire Renault, le commissaire européen italien Tajani amorce une réflexion sur le périmètre stratégique de l’économie de notre continent et évoque l’idée d’un «CFIUS» à l’européenne que nous avions nous même défendue il y a quelques années ; les médias déclinent à l’infini le thème de la « guerre des monnaies » ; et le patriotisme économique n’est plus, comme encore la « guerre économique » cité entre guillemets pour qualifier les politiques publiques de nos concurrents, mises en place pour défendre leurs intérêts.

Avions-nous tort d’avoir fait, à la Fondation, depuis cinq ans, cette analyse que partagent aujourd’hui beaucoup de gens raisonnables ?

Petit retour en arrière : l’effondrement du bloc soviétique, au début des années 90, avait suscité l’espoir d’un monde unifié politiquement, ouvrant la perspective de la paix et de la prospérité, à travers la circulation sans entraves des hommes, des idées, des capitaux, des technologies. Vingt ans plus tard, s’impose une nouvelle vision de la mondialisation où prospèrent les distorsions de concurrence, provoquées ou accompagnées par les acteurs gouvernementaux, les campagnes de déstabilisation d’entreprises, les guerres de l’information, la reconnaissance, selon les télégrammes diplomatiques américains révélés par Wikileaks, de la « politique de puissance » engagée par la Chine.

Mais une Chine qui a une stratégie, quand l’Europe peine même à imaginer la sienne: 1500 milliards de dollars seront injectés dans les cinq prochaines années, dans sept secteurs industriels stratégiques :

– les énergies nouvelles,
– les biotechnologies,
– les technologies de l’information de nouvelle génération,
– les produits manufacturés haut de gamme,
– les matériaux de pointe,
– les technologies vertes et…
– les voitures à propulsion alternative !

 


[1] Committee on Foreign Investment in the United States