Un autre regard sur la mondialisation et l'industrie

Président :
Bernard Carayon
(Ancien député UMP du Tarn)

Vice-Président :
Jean-Michel Boucheron
(Ancien député PS d'Ille et Vilaine)

Publications - A la une - Actualités - Publications - Votre avis nous intéresse

« Gaz de schiste: Pourquoi s’interdire une approche scientifique expérimentale visant:
1) A évaluer la réalité des ressources présentes sous notre territoire  ;
2) A éclaircir les prétendus risques environnementaux ?
Le blocage actuel est révélateur d’un obscurantisme que nous n’avions pas beaucoup connu depuis la fin du moyen-âge!
D’une manière plus générale combien de temps faudra-t-il attendre pour que s’ouvre dans notre pays un débat serein sur les limites à fixer au “principe de précaution”? » D.B.

———————————-

« Il est aberrant de ne pas mener des recherches sur la meilleure méthode d’extraction de ce gaz, en tenant compte de l’environnement (nappes phréatiques, pollution des eaux après injection, etc.). Le jour où nous devrons tabler sur cette ressource, nous n’aurons plus qu’à acheter le procédé aux amis Chinois ou Américains, ou Canadiens…
Hollande est prisonnier de ses “ayatollahs verts”. » A.G.

———————————-

« Comme le dit Monsieur Attali que nous tenons pour un homme intelligent sinon pour une référence, la France n’est pas les USA et s’il est vrai que la probabilité de découvrir des dépôts exploitables en de nombreux points de France, il est également probable que les dégâts collatéraux résultant de leur exploitation par la méthode de fracturation hydraulique auront les mêmes effets en France que ceux constatés aux USA où des réactions sismiques ont été constatées en de nombreux endroits.

Mais aux USA où le propriétaire d’un terrain reste propriétaire d’une grande partie des droits du sous-sol, sa responsabilité environnementale est difficile à engager pour les petits propriétaires voisins dont les propriétés se trouvent dévastées sauf si eux aussi ont les moyens de forer.
Si l’on acceptait en France de donner carte blanche à des exploitants pétroliers, cela reviendrait dans l’état actuel des techniques à ruiner environnementalement des régions entières comme cela est réalisé sans scrupules, sans remords ni sanctions aux USA (excès du droit de propriété), au Canada (excès du droit de propriété), en Chine (absence du droit de propriété). [ … ] » J.P.B.

———————————-

« Sur ce sujet le rapport Gallois est explicite  : «recherche sur les techniques d’exploitation» ; la  recherche nécessitant  expérimentation in situ, il paraît nécessaire compte tenu des éléments disponibles sur les différentes méthodes utilisées,  de commencer par un inventaire scientifique et technique ayant pour objectif de mettre en place un processus de simulation de ces différentes technologies, avec pour objectif d’inventorier tous  les dangers potentiels et  tous les impacts possibles au cours des phases de prospection, de préparation, de forage, d’exploitation et de cessation d’exploitation  (la maîtrise de ces dangers et de ces  impacts étant la clef permettant de conjuguer principe de précaution d’une part et maîtrise + avance technologiques, d’autre part). » F.T.

———————————-

« Je suis fille et petite-fille de mineur. J’ai aujourd’hui 56 ans.
La profession de mineur a quasiment disparu en France depuis une vingtaine d’années et il n’y a plus beaucoup de responsables qui se souviennent …
Je n’ai pour ma part pas oublié les maisons ou les routes qui s’effondraient dans les zones minières, notamment une fois que les exploitations étaient épuisées.
Je ne crois pas qu’une exploitation des gaz de schistes soit inoffensive pour les couches en sous-sol, et je ne fais pas confiance aux industriels concernés pour s’en préoccuper.
Il suffit de voir les photos des sites américains où cette exploitation a eu lieu pour frémir de ce que l’on pourrait faire en France.
Notre pays est petit, on ne peut compter sur l’isolement de ces zones au milieu de nulle part, comme aux US.
Il ne s’agit pas de ma part d’une prise de position politique, je vote à droite. [ … ].
Mais là, sur le gaz de schiste, je pense qu’il faut être d’une extrême prudence. Car une fois le sous-sol détruit, on ne reviendra pas en arrière. » C.L.

———————————-

« Dans une conférence que j’écoutais il y a quelques années le philosophe Luc Ferry expliquait :
« Depuis une quarantaine d’années, pas plus, nos concitoyens ont peur de tout, du sexe, de l’alcool, du tabac, de la vitesse, de la côte de bœuf, du poulet, des délocalisations, de la Turquie, de la globalisation, de l’effet de serre, du réchauffement climatique, des OGM évidemment, de mille choses encore, des nanotechnologies, des micro-ondes… »
Cette prolifération des peurs a été ouverte par deux grands courants de pensée qui sont l’écologie contemporaine et le pacifisme et pour lesquels  la peur est une passion positive. Cela a été théorisé dans un livre phare de l’écologie allemande, le principe de responsabilité (Das Prinzip Verantwortung, Hans Jonas, 1979), et notamment dans le chapitre intitulé l’heuristique de la peur : la peur aide à découvrir les menaces qui pèsent sur le monde ; il y a ainsi une véritable déculpabilisation de la peur. Avec l’idée que la peur va permettre à l’homme de découvrir la vérité, et qu’elle constitue un premier pas vers la sagesse, la peur est survalorisée et la sagesse définie comme principe de précaution, « principe qu’on a absurdement inscrit à un endroit où il n’a rien à faire, à savoir la constitution française, à mon grand désespoir. » (Source : http://afis44.free.fr/ferry1.htm)
Je ne sais quelles sont les explications. La peur est communicatrice et souvent paralysante. Elle semble paralyser les responsables politiques de la France ; nous ne pouvons que constater le poids qui semble disproportionné des idées de l’écologie politique (“pour en finir avec l’idéologie du progrès” pour reprendre le titre d’une conférence proférée par José Bové à l’Unesco dans le cadre d’un colloque sur le thème “défaire le développement, refaire le monde”… en soi tout un programme…) alors que ce même courant politique ne pèse rien sur le plan électoral français à une échelle nationale – vs échelle locale -.
Ce qui me semble caractériser les responsables politiques français contemporains des différentes formations “de gouvernement” c’est l’absence de vision politique de moyen et long terme. Le meilleur moyen de donner raison aux néo-malthusiens est effectivement de bloquer le processus qui, depuis des siècles, leur donne tort, à savoir le processus de l’innovation, de ruptures rendues possibles par l’avancement des sciences et des techniques.
On se (je me) demande encore comment et pourquoi Jacques Chirac a constitutionnalisé le principe de précaution. Toutes les mises en garde des académies, des sciences comme des technologies, contre cette constitutionnalisation se voient justifiées d’année en année.
Le quinquennat précédent, ainsi que le déclarait François Fillon lui-même, s’est acheté le calme quinquennal en sacrifiant les biotechnologies végétales pour un simple statu quo sur le nucléaire. Les enjeux sont évidemment d’un tout autre grandeur. Mais cela n’a été que reculer pour mieux sauter. La France est sortie des biotechnologies végétales, tant sur la recherche et développement, que sur la production de semences, que sur l’agriculture biotechnologique elle-même… et pour ce prix-là elle n’aura fait que gagner cinq ans sur le début du démantèlement de son parc nucléaire : dans le même temps que ce calme relatif était acheté, en mettant en avant le tandem Borloo-Kosciusko-Moriset, le président contribuait à renforcer l’idéologie malthusienne et de peur à laquelle la gauche française s’est quasiment convertie. » [ … ] M.N.

———————————-

« Petites réflexions :
On annonce dans les forums sur l’énergie (global energy 2012) que dans les 5 ans les USA vont s’approcher de l’autosuffisance pétrolière grâce aux  nouvelles exploitations de gaz et pétrole de schiste.
En France, on continue à renoncer à cette possibilité économique «  innovante et indépendante »et même au large de la Guyane française, un forage classique prometteur est discuté, voire menacé.
On est au mieux dans le « nimby » et au pire dans le régressif, car on sait quand même que l’éolien ou le solaire ne peuvent tout faire surtout à l’échelle de conurbations en expansion …
Dans le même temps on discute ré- industrialisation lourde… on craint pour l’automobile, etc., mais comment donc gérer une telle contradiction publique, sur quoi stratégiquement rebâtir de la croissance et donc avec de l’énergie pas chère ? » J.P.T.

———————————-

« L’exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique nécessite des compétences et savoir-faire de tubage du forage très forte: il faut que l’étanchéité soit parfaite (pour éviter une pollution des couches du sol intermédiaires) et ce après les chocs (communément appelés marteaux d’eau) liés à la fracturation. Ces savoir-faire et techniques existent mais ont un prix qu’il faut payer. Il ne faut pas que les sociétés détentrices de permis de forage s’adressent à des “margoulins” du forage qui ne disposent pas de ces techniques ou ne souhaitent pas les employer pour faire plus de profits.
Le contrôle de l’application des meilleures techniques pour l’étanchéité du forage doit être une obligation juridique forte accompagnée de pénalité fortement dissuasive…ce qui pourrait résoudre le dilemme de Monsieur Hollande.
Mais pour garder la compétitivité, il faudrait alors y aller ou continuer le développement de nos centrales énergétiques nucléaires et en parallèle lancer des méthodes de remédiation des déchets nucléaires nouvelles et plus efficaces (par exemple en vérifiant certaines expériences russes à base de catalyse biologique puis en les optimisant).
Un autre point jusqu’ici pas soulevé par la presse française et très peu aux USA mais qui fait, là-bas, l’objet de recherche universitaire est l’augmentation sensible du nombre de séisme de faible intensité dans les zones fracturées. Pour l’instant cette constatation n’a pas donné lieu, à ma connaissance, à une interprétation reconnue soit qui minimiserait par diminution des tensions internes le risque de forts séisme ou en augmenterait la probabilité en rejetant ces tensions sur des zones plus étroites à la périphérie des zones de forages….
Il semblerait également qu’un vaste champ pétrolier malheureusement profondément enfoui soit dans la zone d’intérêt économique de la France en méditerranée. Il nécessite des techniques d’exploitation en eaux profondes et un passage d’une couche de sel toujours difficile à percer et là a-aussi demanderait des compétences qui ne sont détenus que par une ou deux compagnies dans le monde….dont une japonaise. » B.G.

———————————-

« [ … ]. Le moratoire est une mesure stupide. » [ … ] J.S.

———————————-

« Il est inadmissible de passer à côté de cette chance d’échapper à notre dépendance énergétique. Tant du point de vue des particuliers que des entreprises, il est salutaire de baisser nos coûts énergétiques.
L’avenir de la filière chimie, qui est encore une des seules à encore être performante, est sérieusement compromis. » J.P.D.