Un autre regard sur la mondialisation et l'industrie

Président :
Bernard Carayon
(Ancien député UMP du Tarn)

Vice-Président :
Jean-Michel Boucheron
(Ancien député PS d'Ille et Vilaine)

Octobre 2015

… au service de puissances étrangères ?

I) Entre eugénisme et malthusianisme

Les Amis de la Terre (Friends of the Earth) est une organisation écologiste fondée en 1969 par David Brower, à la suite de son exclusion du Sierra Club, qu’il avait rejoint en 1933. Brower y fut directeur exécutif de 1952 à 1969, puis membre de son conseil d’administration à trois reprises : de 1941 à 1953, de 1983 à 1988, et de 1995 à 2000, année de sa mort.[1] Brower fonda plusieurs autres organisations environnementales : la Sierra Club Foundation, décuplant le nombre d’adhérents sous son mandat (de 7 000 à 70 000 personnes, Brower annonçant avoir un passage de 4 000 à plus d’un million en quatorze ans[2]), le John Muir Institute for Environmental Studies, en mémoire de John Muir, le fondateur du Sierra Club, la League of Conservation Voters, l’Earth Island Institute[3], le North Cascades Conservations Council, et les Fate of the Earth Conferences.[4]

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La Sea Shepherd Conservation Society est une association écologiste radicale, connue pour sa manière forte de défendre l’écologie et, principalement, les fonds marins. Fortement centrée sur la personnalité de son dirigeant (jusqu’en 2013), le « capitaine » Paul Watson, l’association utilise des abordages ou des sabotages en mer pour lutter contre la chasse aux baleines, aux phoques, aux requins ou encore aux thons rouges. Condamné à plusieurs reprises, notamment par la justice costaricaine[1] et sur la liste rouge d’Interpol[2], celui qui se fait appeler le « pirate écolo », et que l’on nomme parfois le « Robin des Mers »[3], réside actuellement en France. Soutenu par Daniel Cohn-Bendit, José Bové ou encore Brigitte Bardot[4], Watson est complaisamment soutenu par les médias : « le premier réfugié écologiste »[5] (Libération), « héros des défenseurs de l’environnement »[6] et « prisonnier des mers »[7] (Le Monde), « le combattant de l’environnement »[8] (Le Figaro), « le pirate qui parlait aux baleines » (L’Obs).[9]

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Répression ou prudence ? Le 19 mai 2015, la Douma d’Etat, chambre basse du Parlement russe, adoptait une loi interdisant la présence, sur le territoire national, d’ONG internationales « jugées menaçantes pour l’ordre constitutionnel, la défense ou la sécurité de la Russie ».[1] Cette décision représente un cran supplémentaire dans la défiance du pays de Poutine à l’égard des représentants auto-proclamés de la société civile. En 2012, la Russie avait déjà décidé d’obliger les groupes bénéficiant de financements de l’étranger à se faire enregistrer comme « agents étrangers ».[2] On parla alors d’attaque contre la liberté et de censure. Poutine se justifia en déclarant refuser que l’Occident utilise ces organisations pour créer des troubles en Russie. Paranoïa de tsar ?

Douze ONG ont été, pour le moment, déclarées indésirables et expulsées de Russie. Ria Novosti, la principale agence de presse pro-Poutine, rapporte que, selon le directeur du Comité de conseil de la fédération sur les affaires internationales, Konstantin Kosachev, sept de celles-ci étaient d’une manière ou d’une autre liées aux Etats-Unis, deux à l’Ukraine, une à la Crimée, et deux à la Pologne.[3] En voici la liste : Open Society Foundations, The MacArthur Foundation, The National Endowment for Democracy (également connue sous le nom de NED), The National Democratic Institute for International Affairs, Freedom House, The Charles Stuart Mott Foundation, The International Republican Institute, The Ukrainian World Congress, The World Coordinating Council of Ukrainians, The Crimean Field Mission for Human Rights, The East European Democratic Center, et The Education for Democracy Foundation.[4] Intéressons-nous d’un peu plus près à chacune d’entre elles.

1) La NED (National Endowment for Democracy)

La NED fut créée par l’ancien président américain Ronald Reagan, alors en exercice. C’est William Casey[5], directeur de la CIA de 1981 à 1987, qui le lui aurait conseillé.[6],[7] Son slogan est « soutenir la liberté partout dans le monde ». La quasi-totalité de ses ressources vient du gouvernement américain : c’est même le Congrès qui vote son budget. Carl Gershman, président de la NED[8], déclara au New York Times, en 1986, qu’ « il serait terrible pour les groupes démocratiques du monde entier d’être vus comme subventionnés par la CIA. Nous avons vu cela dans les années 1960, et c’est pour cela qu’on y a mis un terme. C’est parce que nous n’avons pas pu continuer à le faire que la NED a été créée. »[9] Vrai et faux, car au Nicaragua, les deux organisations auraient étroitement collaboré, selon l’ancien agent de la CIA Philip Agee[10], et mis en place le « front civique » Via Civica.[11] On se rappelle également que Libération titrait, le 27 novembre 1985, sur « Les fonds secrets de Reagan en France »[12]. L’UNI (Union nationale interuniversitaire, un syndicat étudiant) aurait reçu des fonds de la NED à cette époque[13], et Carl Gershman avait alors reconnu que la NED finançait Force Ouvrière, le syndicat étant proche de l’AFL-CIO américaine. La proximité entre ces deux syndicats venait du rapprochement entre André Bergeron, alors secrétaire général de FO, et Irving Brown, agent de la CIA[14] opérant en Europe pour l’AFL-CIO, financée par la célèbre agence de renseignement.[15] Outre les financements, la NED récompense : en 1993, Vesna Pešić, opposante à Slobodan Milošević – ennemi des Etats-Unis – reçut le NED Democracy Award[16], alors que le pays était en pleine guerre civile. En Egypte, Barack Obama décora de la même récompense, à titre posthume, un jeune homme d’affaires tué par la police en 2011.[17] Rappelons que dans ce pays, les Etats-Unis financent divers programmes favorables au modèle américain, comme le Global Entrepreneurship Program, destiné à « promouvoir la culture entrepreneuriale dans les pays en voie de développement ».[18] Plus récemment, la presse internationale se fit l’écho de la « révolution des parapluies », également appelé « mouvement du ruban jaune ».[19] Martin Lee, fondateur du Parti démocratique de Hong Kong[20], a travaillé avec la NED dans le cadre de ce mouvement également appelé Occupy Central. Ces diverses formes d’ « influence » ou d’ingérence, que ce soit par la NED elle-même ou au travers de ses financements (de la FIDH, par exemple), sont condamnées par le droit international car elles violent la souveraineté des Etats. Faut-il s’étonner qu’un pays sourcilleux sur son indépendance, comme la Russie, décide d’y mettre fin sur son territoire ?

2) La MacArthur Foundation

La MacArthur Foundation, fondation « philanthropique » américaine est créée en 1975 par l’homme d’affaires John MacArthur et sa femme Catherine MacArthur. Dans son rapport annuel de 2014, la Fondation indique avoir dépensé, depuis 1978, pour 5,7 milliards de dollars dans 22 481 subventions ou programmes.[21] En France par exemple, pour l’année 2013, elle donna 175 000 dollars à « Agir pour les droits de l’homme », 150 000 à la FIDH (Fédération internationale des droits de l’homme, longtemps financée par la NED), et 200 000 à l’IEP (Institut d’études politiques) de Paris.[22] Cette fondation est, par ailleurs, opaque. Ses rapports annuels n’indiquent pas ses actuels financeurs.[23] Il faut se reporter à des sites de cartographie américains spécialisés pour en apprendre davantage. Parmi les anciens financiers, nous trouvons des noms connus et influents : Bill, Hillary & Chelsea Clinton Foundation, Brookings Institution, Center for Strategic and International Studies, Carnegie Endowment for International Peace, International Crisis Group, The Pew Charitable Trusts, ou encore la très puissante RAND Corporation[24].[25] Mais aussi, le Sierra Club[26], la Rockefeller Foundation et l’Open Society Institute de George Soros.[27] Pour ne développer que quelques-uns de ces exemples :

a)      La RAND (Research And Development) Corporation

Fondé en 1948 par le département de la Défense américain, cet organisme proche du pouvoir militaro-industriel comprend ou comprit de nombreuses figures gouvernementales ou proches du pouvoir : Francis Fukuyama (théoricien de la « fin de l’Histoire »), Herman Kahn (théoricien de la guerre nucléaire), Henry Kissinger, Margaret Mead (proche de l’Institut Tavistock, participante aux conférences Macy sur la cybernétique, partisane de l’anthropologie appliquée dans les colonies et faussaire notoire quant à ses travaux d’anthropologie culturelle), John von Neumann (mathématicien, également participant des conférences Macy et père de la bombe atomique), Condoleezza Rice, Donald Rumsfeld.

b)      L’International Crisis Group

Il reçoit et a reçu des financements de George Soros et de son Open Society Foundations[28] / Institute[29]. Dans notre article de juillet traitant de l’ONG Global Witness, nous écrivions que Soros est « connu pour être « l’homme qui fit sauter la banque d’Angleterre », et [il fut] condamné pour délit d’initié dans « l’affaire » de la Société Générale. Avec la NED et Freedom House (émanation du Council on Foreign Relations et dirigée à l’époque par James Woolsey, ancien de la CIA), Soros finança Otpor via son Open Society Institute, mouvement à l’origine des déstabilisations secouant l’Europe de l’Est depuis le début des années 1990 : « révolution des bulldozers » en Serbie, « révolution des roses » en Géorgie, ainsi que plusieurs autres, selon des câbles Wikileaks. En outre, d’autres documents « leakés » ont prouvé l’implication directe de Soros en Ukraine et « ses relais avec l’administration américaine », une responsabilité qu’il reconnut publiquement sur CNN. »[30] Rappelons également que Victoria Nuland, secrétaire-adjointe aux affaires européennes et eurasienne pour les Etats-Unis, confirma que depuis 1991, son pays avait investi cinq milliards de dollars en Ukraine en « soutien » à la démocratie.[31]

c) La Rockefeller Foundation

Lorsqu’on étudie les ONG, elle semble presque omni-présente. Limitons-nous à citer un extrait du « philanthrope » David Rockefeller[32] dans ses Mémoires, au chapitre Proud Internationalist (Un fier internationaliste) : « Quelques-uns croient que nous faisons partie d’une cabale secrète travaillant contre les meilleurs intérêts des Etats-Unis, nous qualifiant ma famille et moi d’internationalistes qui conspirent avec d’autres dans le monde entier pour construire une politique globale et une structure économique plus intégrée – un seul monde si vous voulez. Si telle est l’accusation, je plaide coupable et j’en suis fier. »[33]

d) The Pew Charitable Trusts

Comme nous l’avons exposé dans notre article du mois de juillet, ce puissant trust caritatif aux forts accents néo-malthusiens planifierait rien de moins que la privatisation des océans par la constitution d’aires marines protégées.[34]

e) La Carnegie Endowment for International Peace (Fondation Carnegie pour la paix internationale)

Il s’agit de l’un des plus vieux think tank des Etats-Unis (1909). Elle est « dédiée au développement de la coopération interétatique et à la promotion des intérêts des Etats-Unis sur la scène internationale ».[35] Son président actuel est William J. Burns[36], ancien ambassadeur des Etats-Unis en Russie, ancien sous-secrétaire d’Etat aux Affaires politiques, et ancien secrétaire d’Etat adjoint auprès d’Hilary Clinton et John Kerry, sous la présidence Obama. Auparavant, Jessica T. Mathews[37] dirigea la Carnegie, de 1997 à 2015. Elle est également conseillère auprès de l’International Crisis Group[38], tout comme Zbigniew Brzezinski, et membre du Conseil consultatif de la douteuse Transparency International.[39] Et de 2003 à 2009, la Carnegie eut pour chairman James C. Gaither, ancien président de la RAND Corporation.[40] Notons enfin que C. Fred Bergsten, ancien assistant aux Affaires internationales d’Henry Kissinger au sein du Conseil de sécurité national, collaborateur émérite de la Brookings Institution de 1972 à 1976[41] et actuel membre du Conseil consultatif de Transparency International[42], fut membre de la Carnegie. En 1981, il fonda ce qui devint le Peterson Institute for International Economics, dont il est le directeur.[43] Ce think tank fit parler de lui en France lorsqu’il suggéra, dans un rapport de fin 2014, que notre pays abandonne son système présidentiel...[44] Rien de moins !

f) La Brookings Institution

Fondée en 1916, elle fut classée comme étant le think tank le plus influent au monde par le 2014 Global Go To Think Tank Index Report de l’Université de Pennsylvanie.[45] Le 30 juin 2015, Michael E. O’Hanlon[46] publia un article pour la Brookings Institution, intitulé Deconstructing Syria : A new strategy for America’s most hopeless war (Déconstruire la Syrie : une nouvelle stratégie pour la guerre la plus désespérée de l’Amérique).[47] Ses recommandations de création de « sanctuaires » hors de portée de Bashar el-Assad et de l’Etat Islamique sont explicites : « L’objectif intermédiaire pourrait être une Syrie confédérale, avec plusieurs zones très autonomes. […] La confédération nécessiterait sans doute le soutien d’une force internationale de maintien de la paix [afin de] rendre ces zones défendables et gouvernables, d’aider à l’approvisionnement des populations y vivant et pour entraîner et équiper davantage de recrues pour que ces zones puissent être stabilisées puis progressivement étendues. » O’Hanlon est spécialisé dans les questions de défense et de politique étrangère et a travaillé comme analyste pour le département de la Défense américain.[48]

3) Freedom House

Freedom House est une organisation non-gouvernementale financée majoritairement par le gouvernement des Etats-Unis. Elle est dirigée par Mark P. Lagon et anciennement par Peter Ackerman, qui succèda à James Woosley, ancien directeur de la CIA en 2005. Dans le rapport d’activité de 2014, sur les 33 078 dollars reçus, 27 863 proviennent des « Federal grants »[49] soit 84%. Pour une organisation non-gouvernementale…. C’est sans surprise que la Russie voit son classement fortement chuter avec 6 points dans l’Index « Freedom in the world » publié par Freedom House en Avril 2015, 1 signifiant que le pays est très libre, 7 pas du tout.  La Russie atteint un score sur 100 (1 étant le mieux, 100 le pire) de 86, soit au même niveau que l’Arabie Saoudite mais derrière le Soudan (81), le Yémen (78), les Emirats Arabes Unis (76), la Lybie (73), l’Iraq (72) ou encore la Turquie (65). L’Ukraine est quant à elle à 58 (sans la Crimée qui est comptée à part et hérite d’un score de 94) et est considérée comme partiellement libre en 2015 alors qu’elle ne l’était pas en 2014[50].

Mais Freedom House est active sur un tout autre front : le coaching en révolutions pacifiques. En 1999, les bombardements de l’OTAN ne parviennent pas à faire chuter le Président de la République Fédérale de Yougoslavie, Slobodan Milosevic. Pendant l’été 2000, il changea même la loi électorale[51] pour briguer un second mandat. Lors des élections anticipées, un mouvement de contestation pacifique fit son apparition et fut considéré comme l’un des acteurs majeurs de la chute de Milosevic : le mouvement étudiant OTPOR (Résistance en serbe). En 1998, ce n’était qu’un groupuscule marginal fondé par des étudiants. Cependant, en 1999, un rapport spécial de l’United States Institute for Peace prévoit le remplacement de Milosevic[52]. « L’accent principal doit être mis sur le développement d’une nouvelle génération de dirigeants qui respecteraient le pluralisme, l’économie de marché, l’État de droit et la tolérance » (USIP, 1999, p.3). Alexandre Maric, l’un des chefs de file d’Otpor, explique dans une interview donnée à la revue Politique Internationale (numéro Hiver 2005) : « En effet, comme vous pouvez l’imaginer, les premiers problèmes apparus avec le développement de notre organisation furent de nature financière. Pendant les bombardements de l’OTAN sur la Serbie, nous ne pouvions évidemment rien faire, le pays se trouvant en état de guerre. Nous avons donc repris nos activités en octobre 1999, tout en cherchant des financements étrangers. En Serbie, nous souhaitions investir tout le territoire ; nous ne voulions pas nous contenter des grandes villes. Partant de cet impératif, nous avons rédigé des projets visant à lever des fonds auprès de fondations étrangères. Et dès que nos partenaires se sont assurés de la réalité de l’impact politique que nous avions en Serbie, l’argent a commencé à nous parvenir. »[53] Le financement américain en faveur de l’opposition serbe passe de 5 à 30 millions de dollars.[54] La formation des « révolutionnaires » est assurée et financée par plusieurs groupes spécialisés dans l’export de la démocratie. On y retrouve notamment les fondations Open Society de Soros et la Freedom House[55]. L’ancien directeur de la Freedom House, Ackerman, a notamment été un proche collaborateur du mouvement Otpor[56]. Fervent défenseur des théories de Sharp sur la lutte non-violente (cf. annexe en bas de notre article)[57] et ayant d’ailleurs été son élève[58], il aida OTPOR dans l’élaboration d’une stratégie pour déstabiliser Milosevic.

Cette stratégie s’articule en deux temps : la critique négative qui va décrédibiliser le pouvoir et la critique positive qui va exposer les buts de l’opposition. Cette stratégie paye et le Président est destitué. Cependant, Optor ne réussit pas sa transition pour passer d’un mouvement révolutionnaire à un parti politique et fait notamment face aux critiques sur son financement américain, révélé par le New York Times[59]. Il disparaît donc en 2004 mais renait dans un autre domaine : l’exportation de son savoir-faire renaît avec le Center to Applied Non-Violent Action and Strategie (CANVAS), entreprise de consulting dans l’organisation de révolutions. A sa tête, les deux fondateurs du mouvement OTPOR, Srdja Popovic et Slobodan Djinovic.[60] Le CANVAS, qui se targue d’être indépendant puisque financé uniquement par des fonds privés, et non pas étatiques, ne ment pas. Cependant, ses financements proviennent d’institutions que nous connaissons : le National Democrate Institute et l’International Republican Institute, elles-mêmes financées par la NED, ainsi que par Freedom House[61].

L’expertise de CANVAS a été utilisée pour les révolutions colorées[62] en Serbie, Géorgie[63], au Belarus[64] et finalement en Ukraine en 2004.[65] Elles revêtent de fait les mêmes caractéristiques (un nom, une couleur, un mot pour slogan). Les révolutions du « printemps arabe » s’en sont aussi inspirées. Mohamed Adel, le blogueur égyptien un temps incarcéré pour délit d’opinion,  reconnaît avoir effectué un stage auprès de cette organisation durant l’été 2009[66] et Popovic lui-même admet y avoir participé : « Aujourd’hui nous pouvons dire que nous avons travaillé avec des personnes originaires de 46 pays, de Géorgie, d’Ukraine, du Liban en 2005 après l’assassinat de Hariri… On a aussi travaillé avec plusieurs groupes en Afrique, au Sierra Leone, au Zimbabwe. On a travaillé au Moyen-Orient, notamment avec le mouvement du 6 Avril en Egypte et avec certains groupes en Tunisie. Nous avons aussi collaboré avec des groupes très importants en Asie, en particulier aux Maldives où a eu lieu la première révolution d’un pays musulman en 2008, et en Birmanie. »[67]

4) L’Open Society Foundations : cf. supra.

5) Le National Democratic Institute for International Affairs (Institut national démocratique pour les affaires internationales)

Il reçoit des subventions de la NED.[68] Son actuelle « chairman » est Madeleine K. Albright[69]. Le 12 mai 1996, interrogée par une journaliste de CBS qui lui demandait si la guerre contre Saddam Hussein valait ses 500 000 enfants irakiens morts, Albright répondit par l’affirmative.[70] Ancienne membre du Conseil pour la sécurité nationale de Jimmy Carter, membre du personnel de la Maison-Blanche de 1978 à 1981, elle fut aussi ambassadrice américaine aux Nations unies de 1993 à 1997 et secrétaire d’Etat de 1997 à 2001. Elle fait également partie du bureau directeur du Council on Foreign Relations et dirige le Pew Global Attitudes Project[71] du Pew Research Center[72] – qui appartient au même réseau que The Pew Charitable Trusts. Au sein du Comité consultatif supérieur du National Democratic Institute, on trouve en outre John Brademas[73], membre du Conseil consultatif de Transparency International[74], ancien membre d’une Commission de la Carnegie (1992)[75], et chairman de la NED de 1993 à 2001.[76]

6) L’International Republican Institute

Il est également financé par la NED.[77] Sa « mission d’ingérence » est explicite. Son site annonce en effet en première page que « l’IRI encourage la démocratie dans les lieux où elle est absente, aide la démocratie à devenir plus efficace là où elle est menacée, et partage les meilleurs pratiques là où elle s’épanouit ».[78] John McCain, sénateur et ancien candidat républicain à la Maison-Blanche, en est le chairman.[79] Chuck Hagel, ancien sénateur et ancien secrétaire à la Défense[80], fut également membre du bureau de l’IRI.[81] Soulignons qu’en décembre 2011, les autorités égyptiennes arrêtèrent des membres de Freedom House, du National Democratic Institute[82] et de l’International Republican Institute[83], accusant ces ONG d’opérations « illégales » sur le territoire : plus de 50 millions de dollars de financements auraient été perçus.

7) La Charles Stewart Mott Foundation

Cette fondation caritative, créée en 1926, fut par le passé financée par le Center for International Policy, l’Open Society Foundations de George Soros, la Carnegie Endowment for International Peace, l’Atlantic Council of the United States, et la Bill, Hillary & Chelsea Clinton Foundation.[84] En 2003, lors de la première tentative de révolution colorée en Ukraine (la « révolution orange »), la CS Mott Foundation finança le Civil Society Institute du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2012, par une subvention de 100 000 dollars.[85] De 2000 à 2002, la Fondation avait alloué 150 000 dollars au National Democratic Institute pour « soutenir la société civile en Ukraine ». Le programme visait à « accroître la confiance publique dans la démocratisation et la transition vers une économie de marché en Ukraine. »[86] Nous renvoyons ici le lecteur aux citations de Zbigniew Brzezinski extraites de son livre Le Grand Echiquier[87], qui ne sont guère ambiguës et permettront au lecteur de contextualiser la fameuse aide financière apportée.[88]

8 ) L’Ukrainian World Congress (Congrès mondial ukrainien)

Fondé en 1967, il annonce disposer d’organisations membres dans trente-quatre pays. Notons qu’il est domicilié à Toronto, au Canada.[89] Depuis 2003 – année de la première tentative de révolution colorée en Ukraine, rappelons-le –, le Conseil économique et social des Nations unies lui reconnaît un statut d’ONG « avec un statut spécial consultatif ».[90] Elle est également un fer de lance de l’intégration euro-ukrainienne et défend la signature par l’Union européenne de l’EU–Ukraine Association Agreement.[91] Dans sa newsletter de 2015, le World Council of Ukrainian Social Services (WCUSS)[92] accuse les Russes d’avoir agressé l’Ukraine et les traite de terroristes.[93] La branche américaine du Congrès, Ukrainian Congress Committee of America, défend la position américaine et de l’Union européenne sur l’Ukraine, organisa un banquet d’honneur pour le président Porochenko, lié à George Soros, se félicite d’avoir fait signer au président Obama le Ukraine Freedom Support Act le 18 décembre 2014[94], et reçut une subvention de la NED (soutenue par l’ambassade américaine en Ukraine) pour conduire le programme d’éducation civique « Elire le nouveau président ukrainien ».[95] L’Ukrainian World Congress affiche quelques partenaires, dont :

a)      L’Atlantic Council

Son slogan est « Travailler ensemble pour un futur sûr ».[96] Parmi les quatre lauréats du Global Citizen Awards 2015 se trouvent Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, et Henry Kissinger, l’ancien secrétaire d’Etat américain[97] et l’un des nombreux directeurs de l’ONG.[98] Le vice-président américain Joe Biden fit partie des orateurs de cette cérémonie[99], de même que Brent Scowcroft, chairman de l’International Advisory Board, au CV particulièrement étoffé : ancien lieutenant-général de l’US Air Force, conseiller militaire de Richard Nixon, ancien vice-président de Kissinger Associates, ancien administrateur du CSIS (les services de renseignement du Canada), coauteur du livre A World Transformed avec George H. Bush, corédacteur d’un article avec Zbigniew Brzezinski dans Foreign Affairs, la revue du Council on Foreign Relations, membre de ce dernier, etc.[100] Ce prix récompense les personnes ayant œuvré au renforcement des relations transatlantiques. En 2014, c’est pour récompenser le président ukrainien Porochenko d’un Global Citizen Award que l’Atlantic Council organisa une cérémonie.[101] En 2013, le président polonais Bronislaw Pomorowski, dont nous reparlerons, fit partie des trois lauréats.[102]

b)      L’Ukraine Crisis Media Center[103]

Ce « centre » se destine à « fournir des informations objectives sur les événements en Ukraine et les défis liés à la sécurité nationale, tout particulièrement les questions militaires, politiques, économiques, énergétiques et humanitaires. Il offre son assistance à tous les représentants des médias qui couvrent les évènements en Ukraine. »[104] Il fonctionne, est-il expliqué, grâce à l’aide de ses partenaires : l’ambassade des Etats-Unis à Kiev, capitale de l’Ukraine ; la NED ; l’European Endowment for Democracy, initiative polonaise durant sa présidence de l’Union européenne (2011) et inspirée de la NED bien que distincte[105] ; The Black Sea Trust for Regional Cooperation du German Marshall Fund (of the United States, si l’on veut donner son nom complet), qui « travaille à renforcer la coopération transatlantique »[106]. Elle est dirigée par Karen Donfried, ancienne conseillère à la sécurité nationale à la Maison-Blanche, ancien agent des services de renseignement américains en Europe et membre du Council on Foreign Relations[107] ; l’International Renaissance Foundation, créée par George Soros, très active dans la révolution orange et l’Euromaïdan en Ukraine[108], et intégrée à son Open Society Foundations[109], financée par la NED en Ukraine également[110] ; Internews Ukraine, financée entre autres par l’USAID, l’International Renaissance Foundation de Soros, l’ambassade des Etats-Unis en Ukraine, l’Union européenne et le conseil de l’Europe.

9) The World Coordinating Council of Ukrainians

Elle serait « une alliance d’ONG basées à Kiev représentant les Ukrainiens en Ukraine et à l’étranger. »[111]

10) The Crimean field mission for human rights

Cette initiative russo-ukrainienne entend rapporter les violations des droits de l’Homme en Crimée.[112] L’une de ses figures de proue, Andrei Yurov, est expert auprès du Conseil de l’Europe et président honoraire de l’International Youth Human Rights Movement[113], une ONG financée par de nombreuses organisations, dont la MacArthur Foundation, Freedom House, l’Open Society Institute de Soros et la NED[114].

***

Deux ONG polonaises ont été expulsées de Russie. Avant de poursuivre, donnons des éléments de contexte. La Pologne fait partie du Groupe de Visegrád, ou V4[115], qui regroupe quatre pays d’Europe centrale, les trois autres étant la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie. Si le groupe est uni dans son rejet des quotas de migrants[116], ce n’est pas le cas sur le plan géopolitique. Pour ce qui nous intéresse ici, la Pologne est le pays de l’Union européenne le plus proche de l’Ukraine dans le conflit opposant cette dernière à la Russie. Bronislaw Komorowski, le président polonais, avait demandé en mars 2014 que l’OTAN soit convoquée, craignant « une intervention militaire russe potentielle sur le territoire de l’Ukraine voisine ».[117] De plus, Donald Tusk, président du Conseil des ministres polonais (équivalent du Premier ministre), est président du Conseil européen depuis le 1er décembre 2014.[118] Son gouvernement est pro-Bruxelles.[119] Les deux ONG interdites en Russie sont The East European Democratic Center et The Education for Democracy Foundation.

11) The East European Democratic Center

Il se consacre à soutenir le « changement démocratique ». Sur son site[120], en bas de page, on note ses partenaires, parmi lesquels :

a)      La NED, qui finança pour 21,5% des activités de l’ONG pour l’année 2013.[121]

b)      La Westminster Foundation for Democracy (WFD)

Financée par le Foreign and Commonwealth Office (CFO)[122], elle compte plusieurs parlementaires britanniques parmi son Board of governors : Henry Bellingham, Rushanara Ali, Dame Margaret Hodge, Andrew Rosindell, Jeffrey Donaldson, et Alex Salmond. Ce Board est nommé par le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et au Commonwealth.[123] La WFD reçoit également des financements[124] du Department for International Development[125] (Département du Développement international – DfID), service du gouvernement britannique responsable de l’aide humanitaire et au développement au niveau international. Les financements du DfID représentent 75% des apports de tiers pour la WFD.

c)       La Stefan Batory Foundation

Cette ONG polonaise donne le nom de ses financiers et le montant des dons. Nous y retrouvons, sans surprise, l’Open Society Foundations de George Soros, avec des dons de 300 000 dollars pour le Regional Alcohol and Drug Programme, 340 000 pour le Your Vote, Your Choice Programme, et un million de dollars pour la Fondation elle-même ; la NED, qui finança le programme Open Europe sur les années 2013-2014 à hauteur de 60 126 dollars.[126]

12) The Education for Democracy Foundation (EDF)

Cette ONG vise à « initier, soutenir et conduire une activité éducative visant à diffuser l’idée de démocratie et à préparer les gens à travailler au bénéfice de la démocratie ainsi qu’à participer aux institutions démocratiques. » En 1998, l’EDF reçut, de la part de l’Union européenne et des Etats-Unis, le Democracy and Civic Society Award. Au 19ème Forum économique de Krynica, elle obtint le titre d’ONG d’Europe centrale et de l’Est de l’année 2009.[127] Depuis le 1er août 2013, elle administre le programme Lane Kirkland Scholarships, avec une majorité écrasante de bénéficiaires ukrainiens entre 2000 et 2015.[128] Lane Kirkland, auquel le nom du programme rend hommage, dirigea l’AFL-CIO dont nous avons déjà parlé. Sa biographie[129] souligne que ses conseils étaient appréciés de décideurs politiques comme les présidents Lyndon Johnson, Harry Truman, John Kennedy, Ronald Reagan, l’inénarrable Henry Kissinger et Alan Greenspan, qui dirigea la Réserve fédérale pendant près de vingt ans, d’août 1987 à janvier 2006.[130] Le programme vient de la Polish-American Freedom Foundation (Fondation américano-polonaise pour la liberté), proche des gouvernements des deux pays.[131] Le rapport d’activité 2013 indique qu’entre 2009 et 2014, celle-ci reçut une subvention de 28 millions de dollars de la Bill and Melinda Gates Foundation, elle-même proche de divers organismes para-gouvernementaux américains : Aspen Institute, Brookings Institution, Bill, Hillary & Chelsea Clinton Foundation, RAND Corporation, Rockefeller Philanthropy Advisors, USAID, etc.[132] La Polish-American Foundation fut fondée, sur l’initiative de George H. Bush, par le Polish-American Enterprise Fund, organisé en 1990 et destiné à soutenir l’économie de marché en Pologne.[133] Son premier chairman fut John P. Birkelund, membre – parmi de nombreuses fonctions, passées ou présentes[134] – du Council on Foreign Relations.[135]

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Faut-il être, à l’instar des Américains, « profondément troublés » par cette loi russe, et dénoncer sans relâche, comme l’Union européenne, cette nouvelle « étape préoccupante dans une série de restrictions sur la société civile, l’indépendance des médias et l’opposition politique » ? Nous ne sommes pas sûrs que le général de Gaulle aurait « blanchi » ce type d’initiatives américaines…

Cartographie grande taille : http://www.fondation-prometheus.org/wsite/wp-content/uploads/ONG-Russie.jpg

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Annexe : Autour de Gene Sharp

Gene Sharp peut incontestablement être considéré comme un héritier du général – anobli – Sir Frank Kitson, théoricien de la guerre contre-insurrectionnelle de l’armée britannique. Celui-ci acquit ses lettres de noblesse au Kenya, en créant de faux gangs pour infiltrer et détruire – avec succès – la rébellion anti-coloniale Mau Mau.[136] Par la suite, Kitson approfondit considérablement ses méthodes opérationnelles de guerre contre-insurrectionnelle au profit de la puissance britannique. Commandant des opérations à Belfast en 1970-1972, il fut ainsi soupçonné d’être lourdement impliqué dans la répression du Bloody Sunday et des diverses exactions commises à l’encontre des Irlandais.[137] Mais surtout, Kitson écrivit en 1971 un livre opérationnel sur les opérations de basse-intensité[138], qui devint une référence en la matière pour les Britanniques. Le contenu de ce livre, véritablement explosif, éclaire sur la filiation intellectuelle entre Frank Kitson et Gene Sharp. Pour opérer une guerre effective, écrit Kitson, il faut anticiper sur les scénarios possibles, en connaissant les facteurs de changement de l’attitude des populations envers l’autorité, et en développant des techniques d’influence sur la pensée et les actions des hommes (presse, télévision, diffusion de photos anxiogènes pour influencer l’opinion publique). Les agents de subversion infiltrés chez l’ennemi doivent endoctriner la population, utiliser une cause existante ou l’inventer, voire la modifier pour rallier le plus de personnes possibles. Si la cause perd en vigueur, il faudra lui donner un second souffle (pensons à l’Euromaïdan survenu dix ans après la tentative de révolution orange, ou à la plus récente tentative de « révolution des parapluies » à Hong-Kong). Kitson préconise, comme au Kenya, de créer un counter-gang, maintenu via des soutiens locaux, pour infiltrer les groupes ennemis. Mais cette infiltration doit être organisée. Pour être efficace, il faut introduire un élément allié, comme par exemple un ambassadeur (nous renvoyons ici aux organigrammes des diverses ONG que nous avons analysées dans cet article), de préférence à un poste-clé. Dans un style qui inspira certainement Sharp, Kitson entend limiter l’usage de la force, pour donner une bonne image dans l’opinion internationale. Par ailleurs, la guerre subversive et insurrectionnelle se jouant surtout, selon lui, dans l’esprit (mind) des gens, la propagande contre un gouvernement doit se mener 1) par une remontée pertinente d’informations qui aideront à orienter la politique (la « révolution colorée ») 2) cette politique aura pour relai des supports médiatiques multiples, de la presse aux films 3) la propagande devra utiliser tous les moyens de diffusion disponibles pour remporter les opérations psychologiques (psy ops). Enfin, il convient de recruter des citoyens – de préférence jeunes – du pays-cible. Intégrés dans la culture locale, ils sont plus utiles et discrets. Quant à la pacification (peace-keeping), celle-ci peut se faire notamment grâce au contrôle de l’information, assuré – comme Kitson le fit en Irlande – en tissant des liens amicaux avec les journalistes et les organes de presse.

Gene Sharp, surnommé le « Machiavel de la non-violence » ou le « Clausewitz de la guerre non-violente »[139] est le fondateur de l’Albert Einstein Institute, membre du réseau de la NED[140], et est l’auteur de nombreux écrits sur les révolutions non-violentes. Il aurait également[141] pour influence Gandhi et Karl Deutsch [A]. Son ouvrage le plus traduit est From dictatorship to democracy : a conceptual framework for liberation (1994). Il est en accès libre sur le site de sa fondation[142] et a été à l’origine de la pensée révolutionnaire dans les « révolutions de couleur ». Il a été traduit en 26 langues[143] et a été écrit avec l’aide de Robert Helvey, un ancien colonel de l’armée américaine, spécialiste de l’action clandestine et doyen de l’Ecole de formation des attachés militaires des ambassades américaines[144]. Il préconise 198 stratégies, qui se retrouvent dans l’ensemble des révolutions colorées ainsi que dans le « Printemps Arabe »[145], et sont largement inspirées des théories de Kitson. Ses livres traduits en arabe ont été distribués sur la place Tahrir[146] bien que les personnes les ayant entre les mains n’aient jamais entendu parler de lui ni, surtout, de sa nationalité[147].

[A] Karl Deutsch, ancien agent de l’OSS, utilisa la modélisation cybernétique pour l’appliquer aux sciences sociales. Sur ce sujet, pour comprendre le cœur de la puissance technologique américaine, il serait impératif de revenir, un jour, sur les conférences Macy[148] sur la cybernétique[149] – qui donnèrent naissance à cette discipline, ainsi qu’aux neurosciences et aux sciences cognitives. Soutenues par la CIA et la Fondation Josiah Macy Jr.[150] (financée par Rockefeller), ces rencontres interdisciplinaires entre spécialistes de haut vol permirent de perfectionner la connaissance du comportement humain et de ses mécanismes de fonctionnement, ainsi que l’informatique et toutes les technologies utilisant des systèmes de feedback. Les noms des intervenants parlent pour eux-mêmes : John von Neumann[151] (père de la bombe atomique du Projet Manhattan), Norbert Wiener[152] (fondateur de la cybernétique), Milton Erickson[153] (spécialiste de l’hypnose conversationnelle et inspirateur[154], avec Gregory Bateson, de la programmation neuro-linguistique, dite PNL), Gregory Bateson[155] (proche[156] de l’Institut Tavistock[157] – créé par un financement[158] de la Fondation Rockefeller –, anthropologue à l’origine du très influent « collège invisible » de communication de Palo Alto[159], ancien agent de l’OSS[160]), Kurt Lewin[161] (considéré comme le père de la « dynamique des groupes », de la « conduite du changement » et de la psychologie sociale, fondateur du Research Center for Group Dynamics[162] au MIT, conseiller en guerre psychologique auprès de l’OSS[163], considéré comme un auteur de référence en conduite du changement[164], et ancien collaborateur et influence[165] de Human Relations[166], la revue[167] de l’Institut Tavistock), Margaret Mead[168] (proche de l’Institut Tavistock, ancienne présidente de la société d’anthropologie appliquée[169]), ou encore Paul Lazarsfeld[170] (directeur du Radio Research Project[171] que finança la Fondation Rockefeller, projet de recherche sur l’effet des mass media sur la société). Les conférences Macy furent organisées par Frank-Fremont Smith, ancien président de la Fédération Mondiale de la Santé Mentale, fondée par John Rawling Rees[172], qui fut son premier président et ancien directeur de l’Institut Tavistock[173] (alors Clinique), psychiatre militaire de l’armée britannique, spécialiste de la guerre psychologique et grand promoteur d’une très douteuse Planification stratégique pour la santé mentale.[174]


[15] Charpier (Frédéric), La CIA en France : 60 ans d’ingérence dans les affaires françaises, Seuil, 2008, 364 p.

[26] Cf. notre article sur l’ONG Sea Shepherd dans cette même lettre.

[57] Sharp est l’auteur de From dictatorship to democracy : a conceptual framework for liberation (1994), auteur et ouvrage qui ont largement inspiré l’action d’OTPOR en matière de lutte pacifique en Serbie et après. Cf : l’entretien de Srdja Popovic publié par RFI. http://atelier.rfi.fr/profiles/blogs/otpor

[62] Cf encadré sur Sharp.

[64] ibidem.

[65] Ibidem.

[87] Brzezinski (Zbigniew), Le Grand Echiquier, Bayard, 273 p.

[92] Il s’agit là de l’un des treize conseils et comités du Congrès. S’il le souhaite, le lecteur est invité à les analyser tous et dans le détail.

[122] Rappelons ici que le Commonwealth est, selon les informations de Carroll Quigley, mentor de Bill Clinton, dans The Anglo-American Establishment, une création du Groupe de Milner, i. e. du pouvoir britannique (cf. chapitre 9, « The Creation of the Commonwealth », pp.148-181) :

http://www.carrollquigley.net/pdf/the_anglo-american_establishment.pdf

[136] Kitson (Frank), Gangs and counter-gangs, Barrie & Rockliff, 1960 : http://www.kalasnyikov.hu/dokumentumok/frank-kitson-gangs-countergangs.pdf

[138] Kitson (Frank), Low intensity operations. Subversion, Insurgency, Peace-keeping, Faber & Faber, 1971 : https://libcom.org/files/low-intensity%20operations.pdf

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