Un autre regard sur la mondialisation et l'industrie

Président :
Bernard Carayon
(Ancien député UMP du Tarn)

Vice-Président :
Jean-Michel Boucheron
(Ancien député PS d'Ille et Vilaine)

Septembre 2013

La Guerre Economique : une guerre entre amis.


Le déni de réalité : une culture française par excellence

Depuis le début des années 2000, l’économie française connaît une perte continue de compétitivité. Cette dégradation est soulignée par le voisinage de l’Allemagne, qui connaît une évolution inverse sur la même période (1). A la lecture de ce rapport, c’est le poids des charges pour les entreprises, ainsi que le déclassement en termes d’innovation, qui expliquent avant tout cette déroute.La difficulté des responsables publics à répondre à ce mal, alors que ses causes ont clairement été identifiées, illustre la tétanie qui saisit les dirigeants français face à la mondialisation. Pire encore, ils s’obstinent à ne pas reconnaître la « guerre » (2), la compétition féroce qui aboutit à ce décrochage de la France. Ils ont d’autant plus de mal à l’admettre que ce conflit est le fait de pays supposés « amis » ; ils oublient la maxime gaullienne: « Les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ».

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Par Christian Harbulot, Directeur de l’Ecole de Guerre Economique (EGE).

Prometheus : Quand est apparue et qu’est-ce que la notion de guerre économique ?

CH : L’histoire de l’humanité est dominée par des rapports de force de nature économique identifiables dans les différentes étapes de sa progression : la lutte pour la survie, la colonisation et l’esclavage, la conquête territoriale et commerciale, la compétition économique, les affrontements géoéconomiques et concurrentiels. Mais il n’existe pas de culture écrite reconnue sur la guerre économique par le monde académique. Cette lacune s’explique par l’absence de légitimité du concept qui s’explique par la volonté de dissimulation de la finalité des affrontements de nature économique. Les expressions les plus visibles et irréfutables de la guerre économique comme les phases les plus conflictuelles de la colonisation ou les deux guerres de l’opium n’ont pas donné lieu à une amorce de grille de lecture. Il est devenu urgent de combler ce déficit de réflexion sur une réalité qui devient chaque jour plus démonstrative. Contrairement à d’autre pays comme les Etats-Unis, la Corée du Sud ou la Chine, l‘Europe est très démunie pour aborder cette problématique.

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Par Philippe Baumard, professeur au sein de la Chaire Innovation & Régulation de l’Ecole Polytechnique, fondateur d’Akheros, start-up pionnière dans le domaine de la cyber-sécurité comportementale, lauréate du concours national d’innovation OSEO 2013.

Prometheus : Il semble que les traités de cyber-défense soient au point mort… Comment expliquez-vous cette situation ?

PB : La convention de Budapest de novembre 2001, qui effectivement devait réguler la cyber-criminalité, n’a toujours pas été ratifiée par la Chine et la Russie. Le dernier round de négociations, qui s’est terminé en juillet 2013, n’a pas plus abouti ! S’il n’y a pas de traité signé par les Russes et les Chinois à l’heure actuelle, c’est à cause du problème, assez essentiel,  de « définition » de la cyber-sécurité et de la cyber-défense. D’un côté, les Occidentaux séparent la cybercriminalité (lutte contre la criminalité dans le cyberespace), la cyber-défense (actions stratégiques des Etats dans ce milieu) et la cyber-sécurité (encouragé en cela par les industriels, qui espèrent un cadre de régulation aménagé) (1).

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