Début avril, Caracas avait annoncé qu'il entendait prendre le contrôle d'au moins 60% des filiales de Cemex, Lafarge et Holcim, après avoir fait de même dans le secteur pétrolier, la sidérurgie et l'électricité. Un accord avec les cimentiers devait être trouvé sous peine d'expropriation autoritaire. La prise de contrôle des filiales des trois groupes a pris effet à minuit. Selon l'accord, l'Etat vénézuélien versera 267 millions de dollars (176 millions d'euros) à Lafarge pour acquérir 89% de sa filiale, le français conservant 5%. Le solde, soit 6%, reste en Bourse. Holcim, pour sa part, cèdera 85% de sa filiale pour 552 millions de dollars et en conservera 15%.
"Nous avons un accord avec deux entreprises mais malheureusement les négociations n'ont pas abouti avec Cemex (...) et la procédure d'expropriation va être engagée", a déclaré à la presse le ministre de l'Energie et du Pétrole, Rafael Ramirez. Les responsables de Cemex "demandent un prix très élevé par rapport à la valeur réelle", a-t-il affirmé. "Ils demandaient 1,2 milliard de dollars", a-t-il précisé. Le vice-président Ramon Carrizalez a pour sa part expliqué que le gouvernement était disposé à indemniser Cemex à hauteur d'environ 819 millions de dollars, soit le cumul des sommes prévues pour Lafarge et Holcim.
Les filiales vénézuéliennes de Cemex assurent 50% de la production de ciment du pays, celles de Holcim et Lafarge le reste. La filiale de Lafarge produit 1,6 million de tonnes de ciment par an sur un total de 7 millions de tonnes pour le marché vénézuélien. "Cet accord officialise le transfert de notre filiale au gouvernement vénézuélien. C'est une étape de plus dans le processus de nationalisation annoncée par le président Chavez il y a quelques mois", a déclaré à Paris un porte-parole de Lafarge. M. Ramirez a souligné que le gouvernement disposait des fonds nécessaires pour racheter les filiales et que le président Hugo Chavez demandera l'exécution de la transaction dans un délai de 60 jours. (avec AFP)
