Baisses importantes des livraisons de gaz russe

Roumanie
Les livraisons de gaz russe à la Roumanie ont été réduites de plus de deux tiers, avec l'arrêt "total" des livraisons dans l'un des deux points d'importation du pays, a indiqué le ministère de l'Economie (ME) : "le 6 janvier, à 3H00 (01H00 GMT) le fournisseur russe de gaz naturel Gazprom a arrêté complètement la livraison de gaz à la station Isaccea 2", précise le ministère dans un communiqué.

Autriche
Seulement 10% du gaz russe prévu sont livrés en Autriche, a annoncé OMV, premier groupe gazier et pétrolier d'Europe centrale, qui a indiqué devoir puiser dans ses réserves. "Dans les conditions actuelles de météorologie et de consommation, l'approvisionnement en énergie de l'Autriche sera assuré", la non-livraison de 90% du gaz russe prévu étant "compensée par l'appel aux réserves" constituées par une filiale d'OMV, EconGas, soit 1,7 milliard de m3, a indiqué le groupe autrichien dans un communiqué.

Hongrie
Moins de 20% du gaz russe prévu sont livrés en Hongrie, a annoncé le PDG de la filiale du groupe MOL exploitant le réseau gazier hongrois, Janos Zsuga.

Actualisation 6 janvier a-m.

République tchèque
Les livraisons de gaz russe en direction de la République tchèque vont baisser de plus de 70% mardi, a annoncé le porte-parole de l'opérateur RWE Transgas Martin Chalupsky à Prague. Cette baisse a été annoncée par le géant gazier russe Gazprom, a-t-il dit au cours d'une conférence de presse. "A moins que les températures saisonnières ne soient inférieures de plus de 5 degrés à la normale, nous pouvons passer l'hiver même avec les livraisons actuelles", a pour sa part dit Jan Nehuda, un dirigeant de Transgas net executive, filiale de RWE Transgas.

Pologne
La Pologne reçoit seulement 15% du gaz russe transitant par l'Ukraine, a annoncé mardi le gazier national polonais PGNiG dans un communiqué. "Selon l'état au 6 janvier à 10 heures (09H00 GMT), les livraisons de gaz acheminées par le terminal de Drozdowicze (frontière polono-ukrainienne) étaient réalisées au niveau de 15%" de niveau prévu, selon le communiqué.


Actualisation 6 janvier 18h

  • Les livraisons de gaz russe à la Macédoine ont été interrompues, a annoncé le ministre macédonien de l'Economie, Fatmir Besimi;
  • situation similaire en Croatie où les livraisons ont été totalement suspendues dans la matinée;
  • en Bosnie, pays qui importe de Russie la totalité du gaz dont il a besoin, les livraisons ont été également totalement interrompues mardi après plusieurs réductions successives;
  • en Hongrie où les livraisons "ont été interrompues à 14H30 GMT", a fait savoir le ministre hongrois de l'Energie Csaba Molnar;
  • les livraisons de gaz naturel du géant gazier russe Gazprom ont baissé mardi "de plus de 70% en France" par rapport à la normale, a annoncé GDF Suez;
  • en Turquie, les livraisons via les Balkans ont été arrêtées, mais la Russie continue de fournir la Turquie en gaz par le gazoduc "Blue Stream" qui relie directement les deux pays en passant sous la mer Noire;
  • les livraisons vers la Bulgarie ont été stoppées dans la nuit de lundi à mardi, a annoncé le ministère bulgare de l'Economie et l'Energie;
  • celles destinées à la Serbie sont "totalement interrompues", selon la radio B92 citant le directeur de la compagnie gazière publique serbe Srbijagas;
  • la première compagnie gazière slovaque SPP a dit avoir décrété un état d'urgence énergétique après avoir enregistré dans la nuit une chute de 70% des livraisons de gaz russe;
  • en République tchèque, les livraisons vont baisser de plus de 70% mardi, a annoncé à Prague le porte-parole de l'opérateur RWE Transgas, Martin Chalupsky;
  • les livraisons à la Slovénie ont baissé de 90% s'améliorant ensuite partiellement, a déclaré dans l'après-midi l'opérateur gazier national Geoplin, obligé de puiser dans ses réserves;
  • la Pologne reçoit seulement 15% du gaz russe transitant par l'Ukraine, a annoncé le groupe gazier national polonais PGNiG;
  • en Roumanie, les livraisons ont été réduites à nouveau, de plus des deux tiers, avec l'arrêt "total" des livraisons dans l'un des deux points d'importation du pays;
  • en Autriche, seulement 10% du gaz russe prévu était livré mardi matin, a annoncé OMV, premier groupe gazier et pétrolier d'Europe centrale;
  • l'arrêt des livraisons à la Grèce dans la nuit de lundi à mardi ne pose pas de problèmes sérieux dans l'immédiat en raison notamment d'une augmentation récente des réserves, a assuré le président de l'entreprise publique de gaz grecque (DEPA);
  • en Allemagne, un des gazoducs alimentant le pays en gaz russe, transitant par l'Ukraine, a enregistré mardi une baisse de pression, a annoncé la compagnie Wingas, filiale à 50% de Gazprom;
  • la fourniture de gaz russe à l'Italie n'atteignait plus que dix pour cent des quantités habituelles. L'Italie dépend actuellement à hauteur de 30% de ses approvisionnements des fournitures de gaz russe et Gazprom livre en moyenne quotidiennement 60 millions de m3 de gaz à travers l'Eni. (avec AFP)

Gisement de gaz en mer de Chine: le ton monte entre Japon et Chine

Le Japon a reproché à la Chine d'exploiter un gisement de gaz dans une zone contestée de la mer de Chine orientale, en violation d'un accord passé en juin entre les deux pays. Les deux plus grandes économies d'Asie avaient convenu de développer en commun deux gisements gaziers et de poursuivre les discussions sur deux autres, dans une région située à l'est de la province chinoise du Zhejiang et à l'ouest de l'archipel d'Okinawa (extrême sud du Japon). Mais le gouvernement japonais proteste contre l'exploitation par la Chine du gisement de Tianwaitian, que Tokyo souhaiterait laisser intact jusqu'à ce que son sort soit réglé par ces discussions.

"Le gouvernement japonais regrette que la Chine ait entrepris unilatéralement d'exploiter ce gisement", a déclaré à la presse le porte-parole du gouvernement, Takeo Kawamura. "Le Japon ne peut pas accepter cette exploitation unilatérale", a-t-il dit, ajoutant: "Nous devrons prendre des mesures appropriées en cas de nouveaux développements". Aux termes de l'accord passé l'an dernier, le Japon a accepté d'investir dans l'un des quatre gisements et de participer à l'exploitation en commun avec la Chine d'un deuxième gisement. Les deux parties se sont engagées à poursuivre les discussions sur les autres gisements, que les Chinois voudraient exploiter seuls.

"Pour nous, l'avenir des gisements qui sont en dehors de l'accord politique reste en suspens. Le statu quo devrait donc être respecté", a estimé M. Kawamura. Le ministre japonais des Affaires étrangères, Hirofumi Nakasone, a qualifié cette affaire d'"extrêmement regrettable". "Nous avons transmis une protestation auprès de la partie chinoise", a-t-il dit. Les autorités chinoises affirment de leur côté que le gisement de Tianwaitian se trouve "dans les eaux territoriales incontestées de la Chine". "Les activités de développement du gisement de gaz se déroulent conformément aux droits inhérents à la souveraineté de la Chine", a précisé le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Qin Gang, dans une déclaration publiée sur le site internet du ministère. (avec AFP)

Guinée: la junte veut "renégocier" les contrats miniers

La junte au pouvoir en Guinée, premier exportateur mondial de bauxite, a annoncé à Conakry "une renégociation des contrats" miniers et l'arrêt de l'extraction de l'or "jusqu'à nouvel ordre", au risque de perturber un secteur vital pour l'économie. "On a bloqué le secteur minier. Il y aura une renégociation, une révision" des contrats, a déclaré le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara lors de son premiers discours public.

Cette annonce intervient au moment où le secteur des mines en Afrique, moteur de la croissance dans de nombreux pays, est frappé de plein fouet par la crise économique mondiale et la chute des cours des matières premières. Fin octobre, avant la crise, le gouvernement guinéen espérait attirer quelque 27 milliards de dollars d'investissements d'ici 2015 dans ce secteur, qui constitue l'essentiel des exportations du pays. La Guinée abrite plus du tiers des réserves mondiales de bauxite (qui sert à fabriquer l'aluminium), dont il est le premier exportateur et le deuxième producteur au monde derrière l'Australie. Son sous-sol contient également d'importantes réserves, encore largement inexploitées, d'or, de diamant, de fer, de nickel, etc.

Début décembre, soit peu de temps avant la mort, après 24 ans de pouvoir, du "général-président" Lansana Conté, le gouvernement avait annoncé son intention de reprendre au groupe anglo-australien Rio Tinto une partie d'une concession de la plus importante réserve de fer au monde, au Mont Simandou, pour l'attribuer au groupe du milliardaire israélien Beny Steinmetz. Rio Tinto avait déjà investi près de 400 millions de dollars et comptait investir quelque 6 milliards de dollars pour exploiter la mine, construire un chemin de fer et un port minéralier. "Rio Tinto considère s'être conformé à l'ensemble des obligations lui incombant concernant la concession et qu'elle demeure en droit de détenir et conserver l'intégralité de la concession", avait affirmé le géant anglo-australien. Le 10 décembre, Rio Tinto avait toutefois annoncé "différer ses activités nécessitant de lourds efforts en investissements et recentrer ses ressources sur les activités essentielles". De son côté, Beny Steinmetz Group Resources (BSGR) dirigé par le milliardaire israélien Beny Steinmetz, considérait que la transaction avait déjà été conclue en sa faveur. Le chef de la junte a dénoncé "des ministres qui entouraient le chef de l'Etat (Lansana Conté, décédé) qui ont pillé ce pays, qui ont fait des buildings, des comptes un peu partout".

Concernant "les zones aurifères, la décision est déjà prise: plus d'extraction jusqu'à nouvel ordre", a ajouté le capitaine Camara. La seule extraction industrielle est faite à Siguiri, à 700 km au nord-est de Conakry, près de la frontière malienne, par la Société aurifère de Guinée (SAG), filiale du groupe sud-africain AngloGold Ashanti, troisième producteur d'or mondial et le premier en Afrique. (avec AFP)

L'Algérie n'est pas prête à créer des fonds souverrains

L'Algérie n'est pas prête à placer ses réserves de change qui avoisinent 138 milliards de dollars dans des fonds souverains, a déclaré mercredi le premier ministre Ahmed Ouyahia. "La responsabilité de l'Etat implique de réfléchir sur les conséquences d'une telle mesure qui risqueraient de coûter au Trésor public des pertes considérables", a déclaré M. Ouyahia devant les membres du Conseil de la Nation (Sénat).

"Nous ne pouvons comparer nos réserves de change estimées à 138 milliards de dollars à celles de la Chine, du Japon ou des pays du Golfe", a-t-il dit. Le président du Forum des chefs d'entreprises (FCE, plus importante organisation patronale du pays) Réda Hamiani a proposé le 3 décembre à Alger la création d'un fonds souverain qui serait alimenté par une partie des recettes pétrolières pour acquérir à l'étranger des entreprises fragilisées par la crise économique mondiale. Les recettes pétrolières de l'Algérie devraient atteindre 76 milliards de dollars en 2008, selon les prévisions officielles. Le ministre algérien de l'Energie et des mines Chakib Khelil avait évoqué en juin la possibilité pour l'Algérie de se doter de fonds souverain dans quatre à cinq ans. (avec AFP)

Le CCG suspend ses négociations avec l'UE sur un accord de libre-échange

Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) a suspendu ses négociations avec l'Union européenne (UE) sur un accord de libre-échange, a affirmé le secrétaire général du CCG Abderrahmane Al-Attiyah. "Nous avons informé la partie européenne de la suspension des négociations sur un accord de libre-échange", menées depuis près de 20 ans, a déclaré Attiya, qui s'exprimait au téléphone depuis Mascate où il prépare le sommet annuel du CCG, prévu à partir de lundi dans la capitale omanaise.

"Nous suspendons les négociations jusqu'à ce que la partie européenne accepte de signer le projet d'accord" dans sa dernière mouture, a-t-il ajouté, soulignant que les riches monarchies pétrolières du CCG avaient "fait beaucoup de concessions et répondu favorablement aux multiples demandes de l'UE". Le 15 décembre, le Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad ben Jassem Al-Thani, dont le pays assure la présidence actuelle du CCG (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar), avait averti que son groupe régional allait suspendre les négociations avec l'UE "qui n'ont conduit à aucun résultat".

Selon lui, l'accord, en discussion depuis 1988, devait être signé fin novembre par le président français Nicolas Sarkozy, président de l'UE, lors de sa dernière visite à Doha, et l'émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, mais l'UE "s'est rétractée au dernier moment". En tournée dans le Golfe en avril, la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, avait indiqué que la question des droits de l'Homme figurait parmi les points en suspens.

La conclusion d'un accord CCG/UE est périodiquement annoncée comme imminente depuis de longues années. Mais ces annonces sont toujours restées sans suite, ce qui a amené les pays du CCG à montrer des signes d'exaspération. "A chaque fois que nous bouclons un round de négociations, la partie européenne nous surprend en posant de nouvelles questions où elle mêle politique et commerce", a dit M. Attiya dans des déclarations publiées mardi par l'agence officielle Wam des Emirats arabes unis. "Le CCG est prêt à signer l'accord dès lors que la partie européenne aura accepté les quelques propositions définitives des pays du Golfe. Sinon, le CCG n'est pas prêt à entamer de nouvelles négociations", a-t-il ajouté. (avec AFP)

"J'ai abandonné les principes de l'économie de marché pour sauver le système d'économie de marché"

"J'ai abandonné les principes de l'économie de marché pour sauver le système d'économie de marché", a dit M. Bush dans un entretien accordé à la chaîne CNN. M. Bush s'est dit "désolé" d'avoir eu à le faire. Mais, a-t-il expliqué, il a décidé de "veiller à ce que l'économie ne s'effondre pas".

La libre entreprise était l'un des grands principes invoqués par M. Bush face aux autres dirigeants internationaux cet automne pour s'opposer à une refondation complète du système financier. Les limites de l'intervention publique et de la libre entreprise sont aussi l'un des enjeux de la querelle politique en cours sur les moyens de venir en aide aux constructeurs automobiles menacés de faillite. (avec AFP)

Allemagne: la controversée loi Volkswagen entre en vigueur

La controversée loi Volkswagen (Voir billets Prometheus), qui provoque un conflit ouvert entre Berlin et la Commission européenne, est entrée jeudi en vigueur en Allemagne, a annoncé le ministère de la Justice. Le texte prévoit le maintien d'une minorité de blocage pour l'actionnaire public, l'Etat régional de Basse-Saxe (nord), qui détient 20% du capital. Il faut habituellement 25% pour un tel droit de veto. Il stipule également que l'installation ou la délocalisation d'une usine en Allemagne ne peut être décidée qu'avec l'accord des représentants des salariés au conseil de surveillance, rappelle le ministère dans un communiqué.

La loi avait été adoptée définitivement par les parlementaires fin novembre. Elle va remplacer l'ancien texte vieux de près de cinquante ans, et condamné par la Cour européenne de justice l'an passé. Mais Berlin, attaché au régime spécial pour le symbole Volkswagen, a procédé à un minimum de changements. Au grand dam de la Commission de Bruxelles qui y voit un frein à l'arrivée de nouveaux actionnaires au capital et a menacé d'une nouvelle procédure judiciaire. "La loi VW a fait ses preuves dans les 50 dernières années et a fait du groupe de Wolfsburg (siège de VW, nord de l'Allemagne, ndlr) un des plus grands constructeurs automobiles au monde", a justifié Brigitte Zypries, ministre de la Justice, citée dans le communiqué. "C'est pourquoi nous avons conservé la loi autant que possible", a-t-elle ajouté. Volkswagen est par ailleurs en voie d'être racheté par son compatriote Porsche, lui aussi fermement opposé à toute réglementation particulière pour le premier constructeur européen. (avec AFP)

Une nouvelle crise alimentaire mondiale se profile

Dans un commentaire à paraître dans la revue Nature, le directeur général de l'Institut de recherche américain sur la politique internationale alimentaire (International Food Policy Research Institute - IFPRI), Joachim von Braun, souligne que les "réductions du crédit auront sans doute un effet important et durable sur les économies émergentes, les prix alimentaires et les personnes le plus dans le besoin".

Pour lui, "doubler les dépenses en recherche et développement agricole dans les pays en voie de développement entre 2008 et 2013, les faisant passer de 5 à 10 milliards de dollars, pourrait augmenter la croissance agricole de 1,1% par an et sortir quelque 282 millions de personnes de l'état de pauvreté d'ici à 2020". En revanche, selon les modèles de l'IFPRI, "si la croissance économique mondiale baisse de 2 à 3% et que l'investissement en recherche et développement agricole baisse également, les prix des céréales seront en 2020 30% plus élevés que ce qui était attendu avant la récession".

La plus grande partie de l'investissement nécessaire à la recherche agricole, écrit encore Joachim von Braun, devrait être apportée "par des sources publiques, étant donné le manque croissant de capitaux privés et le mauvais climat pour les investissements à risque". Par ailleurs, écrit-il, pour améliorer le fonctionnement du marché et du commerce des produits alimentaires, "l'IFPRI recommande la création d'une réserve d'urgence de 300.000 tonnes de céréales, réparties en des points stratégiques dans les pays en développement et placées sous la surveillance du Programme alimentaire mondial des Nations Unies". (avec AFP)

La Russie prête à aider Loukoïl à acquérir une part de l'espagnol Repsol

Le gouvernement russe est prêt à aider "politiquement" le groupe pétrolier russe Loukoïl à acquérir une partie de la compagnie pétrolière hispano-argentine Repsol, un projet très contesté en Espagne, a déclaré le ministre russe de l'Energie. "Si Loukoïl en a besoin, nous lui donnerons le soutien politique approprié", a déclaré Sergueï Chmatko en marge d'une rencontre au Kremlin des présidents russe Dmitri Medvedev et argentine Cristina Kirchner.

Loukoïl, qui n'a jamais confirmé l'information, voudrait acheter de 20 à 30% du groupe, selon des informations de presse (Voir le billet Prometheus du 20 novembre 2008). L'éventuelle entrée de Loukoïl dans Repsol a déclenché une tempête politique en Espagne, où la droite accuse le gouvernement socialiste de vouloir laisser une entreprise jugée proche du Kremlin mettre la main sur un groupe "stratégique" pour l'approvisionnement énergétique de l'Espagne.

Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a laissé la porte ouverte à une telle opération, tempérant des propos de son ministre de l'Industrie, Miguel Sebastian, qui avait promis de tout faire pour que Repsol "reste espagnole et indépendante". Certains analystes doutent par ailleurs des capacités de financement de Loukoïl, qui a déjà beaucoup investi récemment à l'étranger, alors que le prix du baril de pétrole est tombé récemment à son plus plus bas depuis décembre 2004 et que le coût de l'opération pourrait atteindre jusqu'à dix milliards d'euros. Selon M. Chmatko, "des discussions sont en cours sur les conditions financières, les possibilités de crédits (pour cette opération, ndlr)". "La Russie s'intéresse à une entrée de Loukoïl sur le marché européen de l'énergie via des actions", a-t-il poursuivi.

Selon le quotidien russe Kommersant paru mercredi, citant une source dans le secteur énergétique russe, l'opération autour de Repsol connaît "de sérieux problèmes", notamment de "liquidités", en raison de la crise financière qui réduit les sources de financements étrangers pour les compagnies russes. Repsol, petit parmi les grands groupes européens, occupe néanmoins une place stratégique. Très présent en Amérique latine, bien implanté en Libye, il est aussi le deuxième actionnaire du groupe gazier Gas Natural. L'opération permettrait ainsi à la Russie de développer sa présence en Amérique latine, où plusieurs groupes énergétiques russes ont des projets. (avec AFP)

L'Allemagne renforce la protection des données personnelles

Le gouvernement allemand a adopté un projet de loi pour renforcer la protection des données personnelles, alors qu'une série de scandales de trafic d'informations confidentielles a secoué le pays. "Avec ce projet, le gouvernement vise à améliorer le niveau de protection des données personnelles et la transparence de leur utilisation ainsi, que de renforcer l'influence des citoyennes et des citoyens sur l'utilisation de leurs données par la publicité", a expliqué le ministre de l'Intérieur Wolfgang Schäuble lors d'une conférence de presse.

Cette mesure fait suite à une série de révélations sur les failles du système de sécurité des données confidentielles en Allemagne. Dernière en date: le magazine Wirtschaftswoche rapportait cette semaine que les coordonnées bancaires de 21 millions d'Allemands étaient à vendre au marché noir pour 12 millions d'euros. En octobre, l'opérateur de télécommunication Deutsche Telekom avait du reconnaître que les données de 17 millions de clients avaient été volées, tandis que celles de 30 millions de personnes avaient été consultables sur internet pendant deux jours suite à une erreur.

Le premier volet du projet de loi adopté mercredi en Conseil des ministres prévoit la mise en place d'une procédure d'audit facultatif. "Des entreprises peuvent recourir à un certificat de protection des données si elles suivent une procédure régulière de contrôle" et "respectent les directives" en la matière, selon le texte. Le deuxième volet majeur du projet de loi est de soumettre à l'autorisation explicite des citoyens l'utilisation de leurs données par la publicité et les études de marché ou d'opinion. Sont exemptées de cette mesure notamment les publicités d'organisations caritatives et de commerçants, ainsi que les suppléments publicitaires glissés dans les journaux. De plus, il sera interdit à toute entreprise dominante sur le marché de conditionner la clôture d'un accord à l'autorisation d'utiliser les données du client. (avec AFP)

Fonds souverains : les think tanks parlent aux think tanks

Entretien réalisé par Samuel Klein. Questions :

  • Comment peut-on définir les fonds souverains ?
  • Leur dimension politique peut-elle constituer une menace ?
  • Peut-on améliorer la transparence de ces fonds, et doit-on d’ailleurs le faire ?
  • Pensez-vous qu’en temps de crise ces fonds constituent plutôt une menace ou une aubaine ?

Des experts pressent Obama de s'atteler au problème de la cybersécurité

Suite aux différentes attaques sur internet aux Etats-Unis, en 2007, la Commission sur la cybersécurité pour la 44e présidence, animé par le Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS), vient de remettre son rapport : Securing Cyberspace for the 44th Presidency.

"La cybersécurité fait partie des défis économiques et de sécurité intérieure les plus graves que nous aurons à affronter au XXIe siècle", affirme la commission dans un résumé de son rapport, ajoutant que le danger pourrait provenir "d'agences étrangères de renseignement ou militaires, ou de criminels entre autres". "Cette lutte va infliger de graves dégâts à la santé économique et à la sécurité intérieure des Etats-Unis à moins d'une réponse vigoureuse", ajoute-t-il. "Seule une stratégie nationale qui englobe les aspects nationaux et internationaux de la cybersécurité pourra améliorer la situation".

Les experts pressent Barack Obama, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, de créer à la Maison Blanche un bureau afin de "gérer les nombreux aspects destinés à sécuriser notre réseau national en même temps que protéger les libertés privées et civiles". Au cours de sa campagne, M. Obama avait promis de nommer un "directeur informatique" dans son administration.

Dans un rapport rendu public mi-novembre, la US-China Economic and Security Review Commission avait tiré la sonnette d'alarme sur la sophistication du cyber-espionnage chinois (billet Prometheus du 21 novembre), affirmant que la Chine disposait de techniques d'espionnage informatique capables de pénétrer les réseaux américains les plus sensibles pour y dérober des informations confidentielles. (avec AFP)

Bulletin Quotidien Vendredi 28 novembre 2008, Changeons le monde

"Changeons le monde" par M. Bernard CARAYON (changeonslemonde.org)

Sous ce titre ambitieux, M. Bernard CARAYON, député-maire (UMP) de Lavaur (Tarn), président de la Fondation d'entreprises Prometheus, livre ses réflexions sur le "spectacle désastreux '' offert par ceux que l'on appelait, il y a quelques mois encore, les "rois de la finance". Aujourd'hui, "nous avons tous compris que l'économie de marché ne pouvait être sauvée par le marché, mais par la puissance publique. Nous sommes entrés désormais dans l'ère du post-libéralisme", écrit le député, qui estime qu'il faut "rendre à la décision politique le poids qu'elle n'aurait jamais du perdre". Face à des sociétés qui sont capables d'envoyer des hommes dans l'espace mais "n'ont pu anticiper la crise financière la plus terrible depuis 1929", l'élu propose quelques pistes pour cesser de "vivre dans une sorte d'ostracisme mutuel, définir un équilibre entre la régulation publique et l'économie de marché". Il avance notamment l'idée de l'Instauration, au sein du G20, d'un comité de responsables "issu des trois mondes" (occidental, émergents, PVD) chargé d'organiser les "États généraux de la mondialisation". Il aurait pour vocation d'identifier les formes insuffisantes ou inefficaces de l'action publique internationale et de définir les nouveaux modes de prise en charge, explique M. CARAYON, qui plaide aussi pour la suppression de la dette publique des PVD, une dette "humiliante, une dette qui les enferme précisément dans le sous-développement". Souhaitant que le débat qu'il lance soit largement ouvert, M. CARAYON diffuse gratuitement son ouvrage sous forme numérique téléchargeable sur le site changeonslemonde.org.

Le fonds souverain norvégien affiche le pire rendement de son histoire au 3T

Le fonds de pension public de la Norvège a affiché un taux de rendement négatif de 7,7% au troisième trimestre, le pire résultat au cours de ses dix ans d'existence, sous l'effet de la crise financière internationale. Investi en actions et obligations internationales, le fonds a néanmoins vu sa valeur totale progresser de 6,4% grâce au versement par le gouvernement norvégien d'un niveau record de recettes pétrolières -elles-mêmes tirées par la flambée du baril cet été- et à des effets de change.

Principal investisseur en Europe où il détient 1,25% de la capitalisation totale, le fonds valait 2.120 milliards de couronnes (234,5 milliards d'euros) fin septembre contre 1.992 milliards fin juin. Sous l'effet du recul boursier, il a perdu 173 milliards de couronnes au cours de la période sous revue. Mais cette perte a été plus que compensée par l'apport de nouveaux revenus pétroliers (128 milliards) et par l'affaiblissement de la couronne norvégienne (173 milliards).

Le fonds étant exclusivement investi à l'étranger, l'affaiblissement de la couronne par rapport aux devises internationales accroît mécaniquement sa valeur. "Au vu des derniers développements, le quatrième trimestre sera aussi difficile", a déclaré Yngve Slyngstad, le directeur du fonds, lors d'une conférence de presse. La déprime boursière est aussi une opportunité pour le fonds qui achète ainsi des actions à bon prix, a noté M. Slyngstad. "Nous continuons à acheter des actions dans la logique d'un investisseur de long terme", a-t-il dit.

Le fonds doit à terme être investi à hauteur de 60% en actions, de 35% en obligations et de 5% dans l'immobilier. Aujourd'hui, il est réparti moitié-moitié entre actions et obligations. (avec AFP)

Irlande: les banques intéressent des investisseurs du Moyen-Orient

Un consortium comprenant des fonds d'investissement américains mais aussi des fonds souverains du Moyen-Orient a fait savoir au gouvernement irlandais qu'il pourrait investir jusqu'à huit milliards d'euros dans certaines banques du pays, annonce l'Irish Times.

Le consortium Mallabraca comprend les fonds JC Flowers et Carlyle Group, et plusieurs de ces fonds souverains, dont le journal ne révèle pas la nationalité. Il se serait également engagé à prêter jusqu'à 60 milliards d'euros aux petites entreprises dans les cinq ans via ces banques, selon le journal.

Selon l'Irish Times, Mallabraca a l'intention d'investir cinq milliards d'euros dans Bank of Ireland, la deuxième banque du pays par la capitalisation (après Allied Irish Bank), qui a déjà reconnu vendredi "avoir reçu des approches non sollicitées d'un certain nombre de parties souhaitant faire un investissement dans le groupe". Le journal ajoute que la préférence du consortium irait à une prise de participation dans une entité composée de Bank of Ireland et de Irish Life and Permanent, quatrième banque du pays, toutes deux parmi les trois plus gros prêteurs immobiliers du pays.

L'Irish Times ajoute que le consortium a également manifesté son souhait d'avoir une part importante d'Anglo Irish Bank, troisième banque du pays, portant ainsi son investissement potentiel à 7 ou 8 milliards d'euros. Le journal assure également que d'autres fonds américains comme Texas Pacific et Kohlberg Kravis Roberts évaluent également actuellement une entrée au capital de banques irlandaises. (avec AFP)